Le mariage doit rester une institution «naturelle»

Etats-Unis: Benoît XVI dénonce les courants politiques et culturels promoteurs du mariage gay

Rome, 9 mars 2012 (Apic) Benoît XVI s’est élevé contre «les puissants courants politiques et culturels qui cherchent à altérer la définition légale du mariage» aux Etats-Unis. Il s’exprimait, le 9 mars 2012 à Rome, devant une douzaine d’évêques américains en visite ad limina.

«Les différences sexuelles ne peuvent pas être rabaissées comme non pertinentes dans la définition du mariage. L’effort de l’Eglise passe par la défense du mariage comme institution naturelle qui consiste en une communion spécifique entre personnes, enracinée essentiellement dans la complémentarité des sexes et visant à la procréation», a déclaré Benoît XVI, dans une allusion très claire au mariage homosexuel.

Le 1er mars 2012, le Maryland, dans l’Est des Etats-Unis, est devenu le 8e Etat du pays à légaliser le mariage gay. En outre, dans le cadre de la campagne en vue de l’élection présidentielle du 6 novembre prochain, le candidat sortant, Barack Obama, a d’ores et déjà fait savoir qu’il jugeait anticonstitutionnel un passage du «Federal defense of marriage act». Signé par l’ancien président Bill Clinton, ce texte définit le mariage comme étant «l’union légale entre un homme et une femme». Il a déjà donné l’ordre au ministère de la Justice de ne plus défendre cette disposition devant les tribunaux et, au contraire, d’apporter son soutien aux personnes qui saisissent la justice pour pouvoir se marier.

Cohabitation et chasteté

Benoît XVI a aussi évoqué le «problème pastoral» constitué par la cohabitation de plus en plus répandue chez «des couples qui semblent inconscients du péché que cela représente». Il a appelé à l’adoption «de normes pastorales et liturgiques claires» en faveur d’une célébration digne du mariage, qui incarne un témoignage sans équivoque des exigences objectives de moralité chrétienne.

Dans un discours au ton ferme, le pape a par ailleurs souligné «le besoin urgent, pour la communauté chrétienne tout entière, de redonner de la valeur à la vertu qu’est la chasteté». Elle appelle à une vision de la sexualité humaine «plus saine et attrayante» que celle exaltée par des idéologies permissives, qui représentent «une forme puissante et destructrice de contre-catéchèse pour les jeunes».

Reconnaissant certaines carences dans la catéchèse de ces dernières décennies en ce qui concerne le mariage et la famille, le pape a souligné que l’enseignement catholique sur le mariage, en tant qu’institution naturelle, devait retrouver sa place dans la prédication et la catéchèse.

Liberté de conscience

Benoît XVI n’a pas manqué de parler des «menaces contre la liberté de conscience, de religion et de témoignage», un thème qu’il avait déjà abordé lors de précédentes rencontres avec des évêques américains. Pour le pape, ce problème doit être traité de façon urgente, afin que «tous les hommes et les femmes de foi, ainsi que les institutions, puissent agir en accord avec leurs convictions morales profondes».

Récemment, les évêques américains, et plus particulièrement le cardinal Timothy Dolan, archevêque de New York, ont très vivement réagi face à une nouvelle mesure de l’administration Obama. Des règles publiées au mois de janvier par le ministère de la Santé obligent toutes les institutions, y compris catholiques, de fournir à leurs employés un contrat d’assurance-santé qui s’appliquera même aux produits pharmaceutiques abortifs, à la stérilisation et à la contraception. Aux yeux des évêques, une telle mesure menace la liberté religieuse, l’un des principes fondateurs de la nation américaine. (apic/imedia/cp/nd)

9 mars 2012 | 14:32
par webmaster@kath.ch
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