Mexique: L’Eglise catholique dénonce le manque de politique de l’immigration
Le massacre de 72 personnes: une preuve supplémentaire du désordre social
Mexico, 29 août 2010 (Apic) L’Archidiocèse de Mexico a condamné le massacre brutal, dans une propriété près de San Fernando, dans l’état de Tamaulipas, de 72 émigrants venus d’Amérique centrale et du Sud pour se rendre aux Etats-Unis. Le cardinal Norberto Rivera Carrera a notamment dénoncé le désordre social, la perte des valeurs fondamentales et le manque de politique globale de l’immigration.
«C’est une preuve supplémentaire du désordre social et de la perte des valeurs fondamentales dans plusieurs zones du pays, mais en même temps de l’absence d’une politique globale de l’immigration au Mexique, qui soit cohérente avec les requis nécessaires de la mobilité humaine en vue d’un traitement humain des immigrés, comme demandé par le Mexique aux Etats-Unis», a affirmé dans un message diffusé le 28 août l’archidiocèse de Mexico. Dans ce document envoyé à l’Agence Fides, le cardinal-archevêque Norberto Rivera Carrera ajoute: «Cette tragédie honteuse ne doit pas rester impunie, et devrait inciter tous les pays de l’Amérique à prendre des mesures immédiates pour garantir que ces actes déplorables ne se répètent plus. Les victimes nous ont donné, par le sacrifice de leur vie, un vrai message d’espérance et de foi, en refusant de collaborer avec la criminalité organisée. Le sacrifice de ces innocents représente un message universel de défense des valeurs et d’amour pour leurs familles».
Dans un second communiqué, l’archidiocèse de Mexico a rappelé que les phénomènes criminels contre les immigrés avaient été dénoncés il y a déjà quatre ans par la Pastorale sociale de la mobilité au Mexique. On en est maintenant arrivé à la «barbarie» et on demande aux autorités locales, nationales et fédérales, d’agir «avec urgence» pour promouvoir la solidarité envers tous ceux qui transitent dans le pays à la recherche d’une vie meilleure. Des crimes violents contre les immigrés s’étaient aussi vérifiés avant la tragédie de San Fernando, à Tamaulipas, et avaient été classés par les organismes internationaux comme une «tragédie humanitaire», mais selon ce que dénonce la Pastorale des migrants, les autorités ne sont jamais intervenues.
Massacrés pour avoir refusé de collaborer avec un gang
Les 72 corps retrouvés le 25 août dans un charnier dans l’Etat de Tamaulipas sont ceux d’émigrants venus d’Amérique centrale et du Sud pour se rendre aux Etats-Unis, rappelle l’agence catholique Misna. Le charnier a été découvert grâce au témoignage d’un survivant qui a conduit la police sur les lieux où entre le 21 et le 22 août, le massacre avait été commis. L’information a eu un grand écho dans l’ensemble du continent et particulièrement dans les pays d’où proviennent les émigrants (Brésil, Equateur, El Salvador et le Honduras). Selon les informations diffusées par la presse mexicaine, les émigrants étaient à bord d’un camion, quand ils furent arrêtés par un groupe de bandits qu’on suppose appartenant au gang des «Zetas», un cartel des plus violents trafiquants de drogue au Mexique. Les assassins auraient demandé aux émigrants de participer à des actions criminelles, devant le refus de ceux-ci, ils les ont exécutés. Bilan: 58 hommes et 14 femmes et plusieurs mineurs tués. (apic/fides/misna/bb)



