Rome: Le Bénin est un exemple de tolérance à l’égard de l’Eglise catholique

Le ministre des Affaires étrangères du Vatican a reçu son homologue béninois

Rome, 6 juillet 2011 (Apic) Le secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les Etats, Mgr Dominique Mamberti, a souligné que le Bénin était un «exemple d’accueil et de tolérance» à l’égard de l’Eglise catholique, dont toute l’Afrique occidentale devrait d’inspirer. Le ministre des Affaires étrangères du Vatican participait avec son homologue béninois, le 5 juillet 2011 à Rome, à une célébration marquant le 40e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre le Bénin et le Saint-Siège.

Mgr Mamberti a évoqué les excellentes relations entre le Saint-Siège et le Bénin. Il a souhaité que l’Eglise catholique contribue au «développement moral et civil» du pays, dont on fête les 150 ans d’évangélisation en 2011. Le prélat a insisté sur le fait que les deux missionnaires des Missions africaines de Lyon, un Espagnol et un Italien, qui débarquèrent au Bénin, le 18 avril 1861, ne venaient pas pour le coloniser «au nom de leur patrie, mais au nom de Jésus-Christ».

«Au Bénin, l’Eglise a trouvé un contexte d’accueil et de tolérance, qui est encore aujourd’hui une ressource particulièrement importante et un exemple pour toute l’Afrique occidentale, où ne manquent pas les incompréhensions. Ces dernières débouchent parfois sur des violences», a déclaré Mgr Mamberti, qui n’a cité aucun des 14 autres pays africains. Reste que le Nigeria est de loin celui où les chrétiens sont le plus menacés.

En outre, le diplomate estime que la «juste laïcité» des institutions de l’Etat du Bénin ne contredit pas, mais s’appuie plutôt sur la religiosité naturelle du peuple béninois et sur la contribution que la religion peut fournir au développement humain. Cela favorise le dialogue, la convivialité, et le respect réciproque.

Etat et Eglise, main dans la main

Le ministre béninois des Affaires étrangères, Nassirou Bako-Arifari, avait auparavant réaffirmé la volonté du nouveau gouvernement de démontrer que la laïcité va de paire avec la liberté de culte, notamment par le biais d’un nouveau ministère chargé des relations avec les institutions et les cultes. «L’Etat n’est pas l’antithèse de la religion, mais son partenaire qui garantit les conditions de son plein épanouissement».

Le ministre a aussi salué le travail de l’épiscopat béninois, qui n’a cessé de tendre la main au peuple dans ses moments de détresse.»

Eviter la «dictature du non croyant»

En milieu de journée, Nassirou Bako-Arifari s’était entretenu avec Mgr Mamberti. Les deux hommes ont longuement discuté des voies et des moyens permettant de créer une très bonne collaboration entre l’Eglise, la société civile et l’Etat. Il s’agit ainsi d’éviter «la dictature du non croyant et de travailler à la fois à la maîtrise des libertés et à l’application du principe de subsidiarité au service du développement».

La célébration du 40e anniversaire des relations diplomatiques entre le Bénin et le Saint-Siège a eu lieu à un peu plus de 4 mois du voyage que Benoît XVI effectuera dans ce pays d’Afrique de l’Ouest, du 18 au 20 novembre prochain. Ce voyage sera l’occasion pour le pape de remettre aux évêques du continent «l’Exhortation apostolique» écrite après le Synode des évêques pour l’Afrique d’octobre 2009. Le pape célèbrera aussi le 150e anniversaire de l’évangélisation du Bénin et saluera la figure du cardinal Bernardin Gantin, un ami proche, décédé en mai 2008. (apic/imedia/ami/nd)

6 juillet 2011 | 14:13
par webmaster@kath.ch
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