Kosovo : Le patriarche Irinej réaffirme les prétentions de la Serbie sur le Kosovo
Le monastère de Pec « était et demeure l’âme du peuple serbe »
Kosovo, 7 octobre 2010 (Apic) Le nouveau patriarche de l’Eglise orthodoxe serbe a réitéré les revendications de son pays sur le Kosovo lors de la cérémonie d’installation. Si d’autres responsables religieux ont assisté à la cérémonie, le gouvernement du Kosovo l’a boycottée.
Le patriarche Irinej, âgé de 80 ans, a succédé au patriarche Pavle, décédé en 2009. Le 3 octobre, le nouveau patriarche prêchait lors de sa cérémonie d’installation au monastère de Pec. L’édifice, bien que considéré comme le siège des patriarches de Serbie, se situe aujourd’hui au Kosovo.
Le président serbe Boris Tadic et un prétendant au trône royal, le prince héritier Alexander Karadjordjevic, ainsi que des diplomates et des responsables d’Eglises d’autres pays majoritairement orthodoxes étaient présents. Un responsable musulman serbe, le mufti Muhammed Jusufspahic, assistait également à la cérémonie, ainsi qu’un représentant du Conseil œcuménique des Eglises et un représentant du Vatican, l’archevêque Kurt Koch, président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens.
Dans sa prédication, publiée par le service d’information de l’Eglise serbe, le patriarche a déclaré : «Le Kosovo-et-Métochie est aujourd’hui privé de centaines de milliers de Serbes expulsés. On est en train d’effacer toutes les traces de leurs racines spirituelles historiques […]
Il reste encore des dizaines de milliers de réfugiés de cette terre sacrée. Ils restent tournés vers leur berceau séculaire, et c’est avec des larmes plein les yeux et le cœur meurtri qu’ils attendent le jour où ils pourront retourner dans leurs maisons détruites et incendiées.» Selon le patriarche, la destruction d’églises orthodoxes et le départ des Serbes du Kosovo ont laissé «une plaie béante sur le corps de l’Eglise orthodoxe serbe et du peuple serbe.» Il a également affirmé que les intérêts du peuple serbe ne sont défendus que par la Serbie, «dont le Kosovo-et-Métochie fait partie intégrante depuis des siècles» et qu’»il y a ici suffisamment d’espace vital et de place pour que Serbes, Albanais et d’autres peuples puissent cohabiter. Ces deux peuples vivent ensemble depuis des siècles. Pourquoi ne pourraient-ils pas faire de même aujourd’hui?» Il a enfin ajouté que l’archevêché de Pec «était et demeure l’âme du peuple serbe», qu’il resterait le lieu d’intronisation des leaders orthodoxes serbes et qu’»aujourd’hui, nous nous inclinons devant ce sanctuaire situé sur notre terre serbe la plus sacrée, le berceau de notre histoire, de notre spiritualité et de la culture chrétienne et orthodoxe du peuple serbe – une terre baignée du sang des martyrs et des nouveaux martyrs du Kosovo.»
Le 3 octobre, un porte-parole du gouvernement du Kosovo, Memli Krasniqi, a déploré les propos tenus par Irinej lors de son installation, les qualifiant d’»inappropriés et absurdes».
La nouvelle République du Kosovo
Le Kosovo a unilatéralement déclaré son indépendance de la Serbie en février 2008. Cette déclaration a été jugée conforme au droit international par la cour internationale de justice en juillet. Elle a été reconnue par environ 70 pays, dont les Etats-Unis et la majorité des Etats européens, mais pas par la Serbie ni son allié, la Russie. Ces dernières semaines, des préparatifs ont eu lieu en vue des premiers pourparlers supervisés par la communauté internationale entre la Serbie et le Kosovo.
Si la majeure partie des 2,2 millions d’habitants du Kosovo sont d’ethnie albanaise et traditionnellement de religion musulmane, la plupart des sept millions d’habitants de la Serbie sont des chrétiens orthodoxes. (apic/eni/jl/amc)



