Hongkong: Le cardinal Zen appelle les étudiants à cesser d’occuper le pavé

Le mouvement pro-démocratie doit changer de mode d’action

Hongkong, 8 octobre 2014 (Apic) Le cardinal Zen Ze-kiun, évêque catholique émérite de Hongkong, au sud de la Chine, a demandé aux manifestants pro-démocratie de ne plus occuper les places publiques de l’ancienne colonie britannique. Pour le prélat, qui a été aux côtés des protestataires durant ces dernières semaines et qui ne croit pas aux promesses de négociations du gouvernement, le temps est venu de changer de mode d’action.

«Le gouvernement cherche à faire traîner les choses. Nous ne devons pas tomber dans le piège qu’il nous tend. L’opinion publique demeure à nos côtés, mais nous ne souhaitons pas que les gens payent trop longtemps les conséquences du blocage du centre de Hongkong. Il est temps que les étudiants et les lycéens regagnent leurs salles de cours. Il faut que les gens ordinaires retournent au bureau», a lancé Mgr Zen.

Un accord semble avoir été trouvé pour que des pourparlers se tiennent le 10 octobre prochain entre le gouvernement local et des représentants des étudiants. La prise de position du cardinal Zen ne rencontre pas l’assentiment de la HKFS (Hong Kong Federation of Students), qui affirme que les étudiants ne se retireront pas tant que le dialogue avec les autorités n’aura pas produit de résultat.

Un repli victorieux

Mgr Zen, âgé de 82 ans, vient de passer la nuit du 7 au 8 octobre dehors, avec les étudiants. Mais pour le cardinal, la promesse du gouvernement d’engager des pourparlers n’est pas crédible. Il met en garde contre les manœuvres du pouvoir pour diviser le front des leaders de «la révolution des parapluies», comme a été surnommé le mouvement de révolte contre la décision de Pékin de ne pas autoriser le suffrage universel à Hongkong.

Seule la HKFS a été invitée à prendre part aux pourparlers, sans qu’y soit associée l’autre principale organisation étudiante, Scholarism, ni les cadres d’Occupy Central, le principal mouvement de désobéissance civile.

Pour le cardinal, après dix jours de sit-in ininterrompu, il est temps de se replier. Il est nécessaire de changer de mode d’action, explique-t-il. «Nous ne nous retirons pas parce que nous avons essuyé une défaite. En réalité, c’est une victoire. Une double victoire car nous avons obtenu le soutien de la population et nous avons contraint Pékin à dévoiler son vrai visage», déclare-t-il.

Dans une interview au quotidien «La Croix» du 7 octobre, le cardinal avait précisé sa pensée en ces termes: «Un premier pas vient d’être franchi pour défendre la démocratie et les libertés, mais maintenant il s’agit de se projeter sur le long terme avec une stratégie solide et bien construite. Nous agissons ouvertement, alors que le gouvernement peut agir dans l’ombre.» (apic/eda/rz)

8 octobre 2014 | 17:51
par webmaster@kath.ch
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