Burkina-Faso: Les évêques opposés à un projet de modification de la Constitution
Le nombre de mandats présidentiels doit rester limité à deux
Ouagadougou, 3 mars 2010 (Apic) La Conférence épiscopale Burkina-Niger (CEBN) s’est élevée contre un projet de suppression de l’article 37 de la Constitution limitant à deux le nombre de mandats présidentiels au Burkina-Faso. Elle a appelé les Burkinabés «à plus de vigilance et de responsabilité, tout en s’interrogeant: «à qui profite cette suppression?»
Un débat vif oppose, par presse interposée, partisans et adversaires d’une réforme de la Constitution de 1997, sur la modification de l’article 37. Celui-ci limite à deux le nombre de mandats présidentiels, de cinq ans chacun. Les alliés du président Blaise Compaoré, au pouvoir depuis octobre 1987, voudraient que cet article soit modifié, afin de lui permettre de briguer d’autres mandats aux présidentielles de novembre prochain.
La CEBN est d’avis que le peuple ne doit «pas fermer les yeux» sur l’histoire récente du pays, sur l’environnement régional et mondial. «Les graves soubresauts qui ont mis en danger la paix sociale et qui ont abouti à la mise en place du Collège de Sages pour réfléchir et proposer une stratégie de sortie de crise, commandent à tous plus de vigilance et de retenue», ont indiqué les évêques burkinabé, dans un communiqué publié le 1er mars à l’issue d’une session tenue à Fada N’Gourma du 15 au 21 février et repris par le quotidien local «Le Pays».
Tout changement doit viser le bien commun
Ce rapport du Collège de Sages du 30 juillet 1999 préconise, pour résoudre la crise dans le domaine politique, la limitation à deux mandats présidentiels consécutifs. «Cela signifie qu’à un niveau constitutionnel, tout changement doit viser le bien commun et non les avantages de groupes particuliers», ont estimé les évêques burkinabés, tout en faisant observer que «la justice sociale est à ce prix».
«Le travail du Collège de Sages a contribué énormément au retour de la paix sociale. Il y a donc lieu de se poser la question : à qui profiterait un retour en arrière en amendant de nouveau l’article 37 pour y faire sauter la limitation des mandats présidentiels consécutifs», se sont-ils interrogés. «Cela garantirait-il la paix sociale, ou nous conduirait-il devant les mêmes turbulences, surtout quand on sait que beaucoup de dossiers pendants de l’époque, notamment les crimes économiques n’ont toujours pas trouvé de solution?», ont encore indiqué les évêques de la CEBN. En conclusion, ils invitent les Burkinabés à «se resserrer les coudes, à travailler avec rigueur et un sens des responsabilités, pour avancer et jouer au mieux leur rôle pour les générations à venir». (apic/ibc/bb)



