Mexique: Benoît XVI invite le pays à protéger ses enfants de la violence et des armes

Le pape a rencontré le président mexicain et des milliers d’enfants

Guanajuato, 25 mars 2012 (Apic) Lors d’une rencontre avec le président mexicain Felipe Calderon, dans la soirée du 24 mars 2012, Benoît XVI a parlé du commerce des armes. Il a demandé au pays de «protéger les enfants, victimes de la souffrance, de l’abandon, de la violence ou de la faim». Depuis un balcon au siège du gouvernement de l’Etat de Guanajuato, le pape a pris la parole devant quelque 2’000 enfants, dans une ambiance festive exceptionnelle.

Benoît XVI et Felipe Calderon, dont le mandat s’achèvera en décembre, se sont entretenus en privé, durant une vingtaine de minutes. Selon un communiqué de la présidence mexicaine, les deux hommes ont évoqué la nécessité d’obtenir un traité international sur le commerce des armes, afin d’éviter qu’elles tombent dans les mains de groupes criminels. Ils ont aussi parlé de réchauffement climatique, de sécurité alimentaire, de lutte contre la faim dans le monde, du désarmement nucléaire, de l’action caritative de l’Eglise et des conflits en cours à travers le monde.

Le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège, le Père Federico Lombardi, a souligné que, parmi les différents thèmes abordés, l’éducation aux valeurs comptait beaucoup pour le pape. «L’éducation des jeunes, dont certains sont victimes de la violence, est fondamentale», a-t-il dit. Lors d’un entretien parallèle, le cardinal secrétaire d’Etat, Tarcisio Bertone, et la ministre des Affaires étrangères, Patricia Espinosa, ont parlé de la présidence mexicaine du G20, actuellement en cours. Il a aussi été question de la modification de la Constitution mexicaine en faveur de la liberté religieuse.

Le Père Lombardi a indiqué, par ailleurs, que Benoît XVI avait brièvement salué huit victimes du crime organisé, présentées par l’épouse du chef de l’Etat mexicain.

Le «secret de la vraie joie»

«Vous occupez une place très importante dans mon cœur», a lancé Benoît XVI aux milliers d’enfants et de jeunes présents sur la «Plaza de la Paz» de Guanajuato. A la tombée de la nuit sous un ciel menaçant, dans une ambiance extrêmement festive, le pape a souhaité que ce message soit transmis à «tous les enfants du Mexique, particulièrement à ceux qui supportent le poids de la souffrance, de l’abandon, de la violence ou de la faim.»

Depuis le balcon du palais de style colonial qui abrite le gouvernement local, aux côtés du président Calderon, le pape a confié aux enfants enthousiastes «le secret de la vraie joie». «Si nous laissons l’amour du Christ changer notre cœur, a-t-il dit, alors nous pourrons changer le monde.» Il leur a demandé de «vivre en chrétiens, d’être des messagers de paix, tout en expliquant qu’un «disciple de Jésus ne répond pas au mal par le mal».

Benoît XVI a ensuite souhaité «élever sa voix pour inviter chacun à protéger les enfants et à avoir soin d’eux, afin que jamais leur sourire ne s’éteigne, qu’ils puissent vivre en paix et voir l’avenir avec confiance». «Votre famille, l’Eglise, l’école et ceux qui portent une responsabilité dans la société, a expliqué le pape, doivent travailler ensemble afin que vous puissiez recevoir en héritage un monde meilleur sans envie ni divisions.»

«Je prierai pour vous, pour que le Mexique soit un lieu dans lequel tous ses enfants puissent vivre avec sérénité et dans l’harmonie», a-t-il conclu.

Toujours pas de rencontre des victimes du Père Maciel

Un tiers des 108,4 millions de Mexicains a moins de 14 ans. Selon des chiffres récents publiés par des associations de protection de l’enfance, près de 3,5 millions d’enfants mexicain travailleraient. Deux tiers d’entre eux ne recevraient aucun salaire. Beaucoup de ces enfants, souvent issus de la campagne, seraient laveurs de vitres ou marchands à la sauvette.

Le Père Lombardi a souligné que la protection des enfants inclut également la pédophilie. Il a reprécisé qu’une rencontre entre le pape et des victimes de prêtres pédophiles, en particulier du Père Marcial Maciel, fondateur des Légionnaires du Christ, n’était pas prévue. Dans un ouvrage intitulé «La voluntad de no saber» (La volonté de ne pas savoir), présenté à la presse le même jour, les auteurs affirment avoir eu connaissance de plus de 200 documents confidentiels issus des archives du Vatican. Ces documents révèleraient que la hiérarchie catholique a ignoré les plaintes reçues au sujet des abus sexuels commis sur des séminaristes par le défunt Père Maciel. Le porte-parole du Vatican a jugé «injustes» les accusations portées par ce livre. Dans cette affaire, Jean Paul II et Benoît XVI ont été «des hommes de vérité et de transparence», a-t-il réaffirmé.

Baptêmes de masse

Ville aux maisons colorées sur un éperon rocheux, Guanajuato a pour sa part réservé à Benoît XVI un accueil «mexicain», avec des chants traditionnels et de cris de joie. Un orchestre de plus de 320 jeunes a longtemps animé la petite place comble, située au pied de la «Casa del Conde Rul», où le pape s’est entretenu avec le président Calderon. «Se ve, se siente, el Papa esta presente» (Cela se voit, cela se sent, le pape est présent), a longtemps crié la foule.

Des milliers de Mexicains étaient aussi présents sur le trajet qui menait Benoît XVI en voiture de Leon à Guanajuato. Le pape aura peut-être aperçu l’immense temple de la secte «Lumière du monde» et cette inscription en grosses lettres: «Nous ne sommes pas catholiques romains, nous sommes l’Eglise». La secte profite de la visite du pape pour célébrer aujourd’hui des baptêmes de masse. (apic/imedia/ami/nd)

25 mars 2012 | 11:21
par webmaster@kath.ch
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