Le pape appelle de ses vœux une réforme financière qui soit éthique
Rome: Le pape François dénonce la dictature d’une «économie sans visage»
Rome, 16 mai 2013 (Apic) Le pape François a dénoncé en termes forts «le fétichisme de l’argent» et la dictature d’une «économie sans visage», le 16 mai 2013, dans un discours qui évoquait les conséquences funestes de la précarité quotidienne de nombreux hommes.
Après avoir dénoncé le refus de l’éthique et le refus de Dieu, regrettant aussi que financiers, économistes et politiques considèrent Dieu comme «incontrôlable» et «dangereux», le pape a souhaité un changement courageux d’attitude des dirigeants politiques. Il a appelé de ses vœux une réforme financière qui soit éthique et qui entraînerait à son tour une réforme économique salutaire pour tous. Il a conclu en assurant que si «le pape aime tout le monde : les riches comme les pauvres», il avait «le devoir au nom du Christ, de rappeler au riche qu’il doit aider le pauvre, le respecter, le promouvoir».
«C’est un discours très personnel», a commenté par la suite le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège devant une poignée de journalistes. Le père Federico Lombardi a assuré que le pape François avait saisi l’occasion de ce discours à un groupe de diplomates non-résidents pour une première forte intervention sur la crise économique mondiale en continuité avec les positions qu’il avait déjà lorsqu’il était archevêque de Buenos Aires, en Argentine.
Le pape a prononcé ce discours devant quatre nouveaux ambassadeurs près le Saint-Siège : les ambassadeurs du Kirghizistan Bolot Iskovic Otunbaev, du Luxembourg Jean-Paul Senninger (également secrétaire général du ministère des Affaires étrangères), d’Antigua-et-Barbuda David Showl et du Botswana Lameck Nthekela. (apic/imedia/ami/cw)
Encadré:
«Nous sommes sur la même longueur d’onde», a confié le nouvel ambassadeur du Luxembourg près le Saint-Siège, Jean-Paul Senninger, au sortir de sa rencontre avec le pape François, le 16 mai 2013. Interpellé par I.MEDIA, le diplomate luxembourgeois a salué les propos du pape qui avait notamment dénoncé la spéculation financière, une évasion fiscale égoïste et souhaité une réforme financière éthique.
«C’est une mise en garde qui convient et parfaite dans la bouche du Saint-Père», a ainsi assuré Jean-Paul Senninger à propos du discours particulièrement fort que venait de prononcer le pape François.
L’ambassadeur du Luxembourg près le Saint-Siège a assuré en outre n’avoir été ni choqué ni particulièrement interpellé par ce discours, rappelant que son pays était «tout sauf un paradis fiscal». Le diplomate a alors confié avoir été touché par la «chaleur humaine» du pape François à qui il venait de présenter ses lettres de créances.
Agé de 53 ans, le nouvel ambassadeur du Luxembourg près le Saint-Siège est, depuis 2012, secrétaire général du ministère des Affaires étrangères. Après des responsabilités au sein de la Banque européenne d’investissement (BEI) entre 1994 et 1999, il a notamment assuré plusieurs postes de chef de mission diplomatique : auprès de la Turquie, de l’Espagne, du Nicaragua, et enfin des Etats-Unis.(apic/imedia/ami/cw)




