Le pape appelle les responsables religieux et de la société civile à pacifier les populations
Rome: Benoît XVI condamne la «violence atroce» des massacres au Nigeria
Rome, 10 mars 2010 (Apic) Benoît XVI a condamné la «violence atroce» des massacres de chrétiens au Nigeria, au cours d’affrontements entre chrétiens et musulmans, qui ont également fait des victimes parmi les musulmans.
Les troubles intercommunautaires et interconfessionnels survenus le week-end dernier dans la périphérie de Jos, dans l’État du Plateau (centre du pays), ont causé 109 victimes, a déclaré mercredi un fonctionnaire de police aux médias locaux et internationaux, démentant ainsi le bilan de 500 morts qui circulaient depuis plusieurs jours ainsi que les informations relatives à l’enterrement de plus de 400 corps.
Le fonctionnaire de police a également indiqué que 49 personnes avaient déjà été arrêtées en relation aux récentes violences
Quelques jours après ce massacre, Benoît XVI a fermement condamné mercredi cette «violence atroce» qui «ensanglante» le pays et «n’a même pas épargné les enfants sans défense».
A l’occasion de son audience générale hebdomadaire, devant quelque 9500 fidèles réunis dans la Salle Paul VI, le pape a soutenu que «la violence ne résout pas les conflits, mais en accroît seulement les conséquences tragiques». Il a également exprimé sa proximité aux victimes du séisme en Turquie, survenu le 8 mars, faisant une cinquantaine de morts, et a demandé à la communauté internationale de «participer aux secours avec rapidité et générosité».
4 jours à peine après les affrontements meurtriers qui se sont produits au Nigeria entre chrétiens et musulmans, le pape a ainsi exprimé ses «condoléances aux victimes» de ces massacres. Benoît XVI a soutenu «encore une fois», que «la violence ne résout pas les conflits, mais en accroît seulement les conséquences tragiques».
Le pape a ainsi fait appel à ceux qui ont des «responsabilités civiles et religieuses» au Nigeria, pour qu’ils «fassent tout leur possible pour la sécurité et la cohabitation pacifique de toute la population». Le pape s’est enfin dit «proche des pasteurs et des fidèles nigérians».
S’exprimant en anglais, le pape a en outre qualifié de «signe prometteur d’espérance» l’approbation par l’assemblée régionale d’Irlande du Nord d’un accord historique entre catholiques et protestants prévoyant le transfert des pouvoirs de police et de justice de Londres vers Belfast, à partir du 12 avril. Benoît XVI a aussi confié prier pour que cet accord aide à «consolider l’avenir de paix souhaité par tous».
Au cours de sa catéchèse, Benoît XVI a longuement abordé la doctrine du franciscain saint Bonaventure (1217-1274). C’est en entrant dans les ordres chez les Franciscains, en 1243, que Giovanni da Fidanza a pris le nom de Bonaventure. Théologien, docteur de l’Eglise, ministre général des franciscains, il est, à l’instar de son contemporain Thomas d’Aquin (1224-1274), l’un des piliers de la théologie chrétienne du Moyen Age. En 1957, Joseph Ratzinger avait obtenu son habilitation à l’enseignement avec une dissertation sur ›La théologie de l’histoire chez saint Bonaventure’.
Enfin, Benoît XVI a évoqué le risque d’une «utopie anarchique» après le Concile Vatican II (1962-1965), du fait que certains «étaient convaincus que nous aurions eu une autre église totalement différente». Au contraire, a rappelé le pape, Paul VI et Jean Paul II ont «à la fois défendu la nouveauté du Concile et l’unicité et la continuité de l’Eglise».
«Chaque fois qu’une période de déclin» touche l’Eglise, a souligné le pape, apparaît une «utopie spiritualiste» qui amène chacun à rêver à la «naissance d’une autre Eglise». Face à cette tentation, a poursuivi le pape, «saint Bonaventure nous enseigne la nécessité du discernement, d’un réalisme sobre qui accompagne l’ouverture aux nouveaux charismes donnés par le Christ».
Avant de se rendre dans la Salle Paul VI, Benoît XVI avait accueilli un groupe de 1600 pèlerins italiens de la Fondation ›Don Carlo Gnocchi’ réunis dans la basilique Saint-Pierre. Ils sont venus à Rome en souvenir de la béatification à Milan (Italie), le 25 octobre 2009, du père Carlo Gnocchi (1902-1956), célèbre dans la péninsule pour avoir encouragé le don d’organes. Après avoir salué et béni quelques enfants et personnes malades de l’association, le pape avait encouragé tous les membres à suivre le bienheureux ialien, «figure lumineuse du clergé milanais» qui a vécu avec une «ardeur apostolique infatigable». (apic/imedia/lb/pr)



