Le pape demande justice pour les victimes de l’explosion de Beyrouth
Le pape François a reçu, ce 26 août 2024, des parents de victimes de l’explosion qui a fait plus de 220 morts et 6500 blessés dans le port de Beyrouth, le 4 août 2020. Quatre ans après le drame, les familles ont demandé au pape son soutien pour faire avancer le dossier judiciaire actuellement au point mort, et pour obtenir les images satellites de l’explosion.
«J’ai tant prié pour vous et pour vos proches, et je prie encore, unissant mes larmes aux vôtres», a confié le pontife argentin devant la délégation d’une vingtaine de personnes. François a fait mémoire «de tous ceux dont la vie a été emportée par cette terrible explosion» qui a soufflé plusieurs quartiers de la capitale libanaise, devenant l’une des plus grandes déflagrations non-nucléaires de l’histoire.
Enquête embourbée
«Avec vous, je demande la vérité et la justice», a déclaré le pontife, appelant à la «responsabilité» et la «transparence» pour le peuple libanais. La justice «n’est pas arrivée», a-t-il déploré en sortant de ses notes, constatant «des pouvoirs et des intérêts contradictoires» sur cette question «épineuse».
Venue demander au 266e pape son soutien pour que le dossier judiciaire se débloque, la délégation sollicitait en particulier son aide afin que les pays en possession de satellites remettent leurs images du jour de la catastrophe à la justice libanaise. En 2023, Amnesty International déplorait que l’enquête menée au niveau national soit «suspendue depuis décembre 2021 en raison d’une série de recours juridiques déposés à l’encontre de l’enquêteur principal, le juge Tarek Bitar, […] par des personnalités politiques qui étaient visées par l’enquête» et qui sont encore couvertes par l’immunité.
Le Liban «paie le prix» de la guerre en Terre sainte
Dans son discours, le pape François a aussi exprimé sa «douleur» face à la guerre en Palestine et en Israël, qui ébranle la région. «Le Liban en paie le prix», s’est-il attristé alors que les attaques transfrontalières entre Israël et le Liban se sont multipliées ces derniers jours.
Implorant la paix pour le Moyen-Orient, le pontife a affirmé que le Pays du Cèdre «est, et doit rester, un projet de paix, […] terre où les diverses communautés cohabitent en faisant passer le bien commun avant les avantages particuliers». «Vous n’êtes pas seuls et nous ne vous laisserons pas seuls», a aussi affirmé l’évêque de Rome. Il a assuré ce pays «martyrisé» de l’affection de l’Église.
Dans la matinée, les familles des victimes, accompagnées du nonce apostolique au Liban, Mgr Paolo Borgia, ont participé à une messe de commémoration de leurs défunts. Ils ont également rencontré le cardinal secrétaire d’État Pietro Parolin, ‘numéro 2’ du Vatican, qui s’est rendu au Liban en juin dernier. (cath.ch/imedia/cv/rz)





