Rome: Message pour la Journée mondiale de la Paix de Benoît XVI
Le pape encourage une nouvelle solidarité face à la crise écologique
Rome, 15 décembre 2009 (Apic) Face à la crise écologique grandissante, le pape Benoît XVI invite l’humanité à «une solidarité nouvelle», dans son Message pour la Journée mondiale de la Paix du 1er janvier 2010. Dans ce traditionnel message, publié le 15 décembre 2009 au Vatican, le pape dénonce particulièrement le «manque de projets politiques à long terme» et «la poursuite d’intérêts économiques aveugles» qui se transforment en menace pour la création.
A 3 jours de la clôture de la conférence mondiale sur le climat de Copenhague, au Danemark, qui verra la participation de plus de 110 chefs d’Etats, Benoît XVI souligne dans son message que la question écologique ne doit pas être affrontée seulement en raison des perspectives effrayantes que la dégradation environnementale dessine à l’horizon. En revanche, il se dit convaincu que «c’est la recherche d’une authentique solidarité à l’échelle mondiale, inspirée par les valeurs de la charité, de la justice et du bien commun, qui doit surtout la motiver».
Le pape dénonce «la poursuite d’intérêts économiques aveugles»
Dans ce document, le pape soutient en premier lieu qu’il serait irresponsable de ne pas prendre sérieusement en considération les manifestations croissantes de la crise écologique, et souligne la «nécessité morale urgente d’une solidarité nouvelle». Ainsi, Benoît XVI se demande comment l’on pourrait demeurer indifférents face aux problématiques qui découlent de phénomènes tels que les changements climatiques, la désertification, la dégradation et la perte de productivité de vastes surfaces agricoles, la pollution des fleuves et des nappes phréatiques, l’appauvrissement de la biodiversité, l’augmentation des phénomènes naturels extrêmes, le déboisement des zones équatoriales et tropicales.
Le pape fait également le constat amer que «la dégradation de l’environnement est souvent le résultat du manque de projets politiques à long terme ou de la poursuite d’intérêts économiques aveugles, qui se transforment, malheureusement, en une sérieuse menace envers la création». Benoît XVI demande alors que l’activité économique respecte davantage l’environnement.
Des crises morales
En conséquence, le pape juge sage d’opérer une révision profonde et perspicace du modèle de développement, et de réfléchir également sur le sens de l’économie et de ses objectifs, pour en corriger les dysfonctionnements et les déséquilibres. A ses yeux, «l’état de santé écologique de la planète l’exige; la crise culturelle et morale de l’homme le requiert aussi et plus encore».
Selon Benoît XVI, les situations de crise que traverse actuellement l’humanité, – de nature économique, alimentaire, environnementale ou sociale – sont, au fond, aussi «des crises morales liées les unes aux autres». Ces crises obligent à repenser le cheminement commun des hommes, et «elles contraignent, en particulier, à adopter une manière de vivre basée sur la sobriété et la solidarité, avec de nouvelles règles et des formes d’engagement s’appuyant avec confiance et avec courage sur les expériences positives faites et rejetant avec décision celles qui sont négatives». Plus loin, le pape redit une nouvelle fois l’urgence d’adopter de «nouveaux styles de vie».
Une écologie humaine
Dans son message, le pape souhaite ainsi l’adoption d’un modèle de développement basé sur le caractère central de l’être humain, sur la promotion et le partage du bien commun, sur la responsabilité, sur la conscience d’un changement nécessaire des styles de vie et sur la prudence.
De manière inédite, il propose alors un certain nombre d’exemples et encourage l’utilisation des grandes potentialité de l’énergie solaire, une attention soutenue au problème désormais planétaire de l’eau, ou encore des stratégies ajustées de développement rural et des politiques appropriées pour la gestion des forêts, pour l’élimination des déchets.
La crise écologique actuelle montre l’urgence de la solidarité
Si la crise écologique actuelle montre l’urgence d’une solidarité qui se déploie dans l’espace et dans le temps, Benoît XVI soutient également l’urgence d’une éducation à la responsabilité écologique. Celle-ci devrait «préserver une authentique ›écologie humaine’» et affirmer ensuite «l’inviolabilité de la vie humaine à toutes ses étapes et quelle que soit sa condition».
Convaincu par ailleurs que la détérioration de n’importe quelle partie de la planète retomberait sur tous, Benoît XVI juge plus que jamais souhaitable que les efforts de la communauté internationale visant à obtenir un désarmement progressif et un monde privé d’armes nucléaires – dont la seule présence menace la vie de la planète et le processus de développement intégral de l’humanité actuelle et future – se concrétisent et trouvent un consensus.
Le pape conclut son message avec une invitation aux responsables des nations et à tous ceux qui, à tous les niveaux, prennent à cœur les destinées de l’humanité. Il les invite à prendre conscience que «la sauvegarde de la création et la réalisation de la paix sont des réalités étroitement liées entre elles». (apic/imedia/ami/be)



