Allemagne: Des rumeurs de démission de Benoît XVI en 2012, dans la presse italienne

Le pape est apparu fatigué durant son périple allemand

Fribourg-en-Brisgau, 25 septembre 2011 (Apic) Le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège n’est pas informé d’une éventuelle volonté de démission de Benoît XVI en 2012. Le Père Federico Lombardi répondait depuis Fribourg-en-Brisgau aux rumeurs véhiculées le 25 septembre, en Une du quotidien milanais «Libero». Selon le journal italien, le pape pourrait quitter ses fonctions dès ses 85 ans, soit en avril prochain.

Interpellé par les journalistes, le Père Lombardi a déclaré qu’il n’était pas informé à ce sujet et qu’il fallait demander à l’auteur de l’article d’où venait cette rumeur. «La résistance du pape pendant ce voyage me semble éloquente sur sa capacité à continuer d’affronter des engagements très lourds», a-t-il fait remarquer.

Le pape de 84 ans a enchaîné du 22 au 25 septembre, dans son pays natal, un nombre considérable de rendez-vous. Amaigri depuis quelques mois et souvent épuisé, Benoît XVI a repris le rythme de ses audiences début septembre et se rendra à Assise, en Italie, puis au Bénin dans les mois à venir. Ses déplacements programmés en 2012 devraient être très prochainement annoncés au Vatican.

Benoît XVI n’écarte l’éventualité

Le Père Lombardi a aussi rappelé que Benoît XVI, dans son livre d’entretien paru en novembre 2010 – Lumière du monde – Le pape, l’Eglise et les signes des temps – avait affirmé qu’un pape avait le droit et, selon les circonstances, le devoir de se retirer lorsqu’il en venait à reconnaître en toute clarté que physiquement, psychiquement et spirituellement il ne peut plus assumer la charge de son ministère. Au moment des entretiens, durant l’été 2010, Benoît XVI affirmait: «Quand le danger est grand, il ne faut pas s’enfuir. Le moment n’est donc sûrement pas venu de se retirer.»

Ce 25 septembre, en Une du quotidien milanais «Libero», le journaliste Antonio Socci fait état d’une rumeur de démission du pape en 2012, qui circule dans les bureaux les plus importants du Vatican. «Le pape n’écarte pas la possibilité de démissionner lorsqu’il aura dépassé 85 ans, soit en avril prochain. Espérons qu’il ne nous abandonnera pas dans la tempête, qu’il n’abandonnera pas son ministère de père de tous», écrit Antonio Socci.

Les démissions dans l’histoire

Au cours du 20e siècle, l’éventualité d’une renonciation a été évoquée plusieurs fois, et en dernier lieu par Jean-Paul II dans la Constitution apostolique «Universi dominici gregis», publiée en février 1996. Le pape faisait référence au paragraphe 2 de l’article 332 du Code de droit canon de 1983, qui stipule: «S’il arrive que le pontife romain renonce à sa charge, il est requis pour la validité que la renonciation soit faite librement et qu’elle soit dûment manifestée, mais non pas qu’elle soit acceptée par qui que ce soit».

La question de la renonciation s’est posée juridiquement à partir du pontificat de Célestin V, en 1294. Elu dans des conditions politiques difficiles à près de 85 ans, cet ermite abdiqua après cinq mois de pontificat et devant les cardinaux réunis. Il leur exposa en termes simples ses motifs: l’âge, la maladie, son incompétence face à la curie et le désir de se retirer dans son ermitage. Avant de quitter sa charge, il promulgua une Constitution sur l’abdication pontificale, perdue depuis lors.

Avant Célestin V, certains papes s’étaient déjà retirés lors de circonstances historiques plus ou moins connues. Martin Ier, arrêté puis exilé en Grèce en 653 par l’empereur d’Orient, aurait approuvé tacitement l’élection d’un autre pape, Eugène Ier, faite de son vivant. 300 ans plus tard, en 964, le pape Benoît V, souvent présenté comme un antipape, était déposé par l’empereur Otton Ier, et acceptait la sentence, renonçant de ce fait au pontificat.

On sait par ailleurs que le pape Jean XVIII est mort en 1009 à Rome comme simple moine de Saint-Paul-hors-les-Murs, que le pape Sylvestre III, expulsé par son rival Benoît IX en 1045, ne s’est plus occupé ensuite que de son diocèse, et que le même Benoît IX abdiqua quelques mois plus tard en faveur du pape Grégoire VI. Enfin, après Célestin V, le pape Grégoire XII renonça lors du Concile de Constance en 1415, et se retira comme simple cardinal-évêque. C’était l’époque du grand schisme d’Occident, et l’Eglise se trouvait alors en présence de trois papes concurrents. (apic/imedia/ami/nd)

25 septembre 2011 | 17:10
par webmaster@kath.ch
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