Béatification de Pie XII

Le pape est libre de ne pas accélérer la cause

Rome, 19 juin 2009 (Apic) Le ›porte-parole’ du Saint-Siège a déclaré, dans la soirée du 19 juin, que Benoît XVI devait être «laissé complètement libre dans ses évaluations et dans ses décisions» s’il ne souhaitait pas accélérer la cause de béatification de Pie XII (1939-1958).

Le postulateur de la cause du pape de la Seconde Guerre mondiale avait confié auparavant, devant la presse, à Rome, que le pape ne souhaitait pas signer le décret de béatification de son prédécesseur de crainte que les rapports entre juifs et catholiques soient «compromis». Ce n’est pas la première fois que le Saint-Siège appelle le jésuite allemand en charge de la cause de Pie XII à ne pas faire pression sur Benoit XVI dans ce dossier.

«Concernant les affirmations rapportées par des agences de presse sur la cause de béatification de Pie XII, le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège redit que la signature des décrets qui concernent les causes de béatification sont de la seule compétence du pape, qui doit être laissé complètement libre dans ses évaluations et dans ses décisions», a ainsi indiqué une déclaration du Père Federico Lombardi envoyée à la presse dans la soirée du 19 juin. «Si le pape pense que l’étude et la réflexion sur la cause de Pie XII doivent être encore prolongées, cette position doit être respectée sans interférer au moyen d’interventions injustifiées et inopportunes», a conclu la note officielle.

Un peu plus tôt dans la soirée, lors d’une conférence de presse organisée à Rome, le jésuite allemand Peter Gumpel avait soutenu que Benoît XVI aurait choisi de ne pas signer le décret de béatification de Pie XII de peur de compromettre les rapports entre l’Eglise catholique et les juifs.

Pressions des organisations juives

Benoît XVI a été «impressionné» par les prises de position de représentants de la communauté juive contre cette béatification, avait expliqué le père Peter Gumpel cité par l’agence de presse italienne Ansa. Selon le jésuite allemand, des «représentants des organisations juives ont expliqué clairement à Benoît XVI que s’il faisait quelque chose en faveur de Pie XII, les rapports entre l’Eglise catholique et les juifs seraient compromis de façon permanente et définitive». Pour autant, le Père Gumpel avait indiqué que le pape n’était «absolument pas» contre son prédécesseur de la Seconde Guerre mondiale, qu’il «admire et estime notamment pour ce qu’il a fait en faveur des juifs», mais qu’il voulait «faire le maximum pour améliorer les rapports avec les juifs», ce qui est «tout à fait louable».

Ce n’est pas la première fois que le Saint-Siège invite le vieux jésuite allemand Peter Gumpel à ne pas faire pression sur le pape dans ce dossier. Ainsi, en octobre 2008, le postulateur de la cause d’Eugenio Pacelli avait réagi à la publication de nouveaux documents tirés d’archives anglaises et américaines concernant Pie XII et son action controversée pendant la Seconde Guerre mondiale. Le Père Gumpel avait alors dénoncé «une campagne de dénigrement» et s’était exprimé sur la légende controversée de la photo de Pie XII exposée au mémorial du Yad Vashem, à Jérusalem. «Tant que cette légende (…) restera dans le musée, Benoît XVI ne pourra pas se rendre en Israël parce que ce serait un scandale pour les catholiques», avait-il alors affirmé.

Son collègue jésuite Federico Lombardi, directeur du Bureau de presse du Saint-Siège, avait alors officiellement indiqué que la cause de béatification de Pie XII faisait «l’objet d’un approfondissement» de la part de Benoît XVI. Affirmant que le pape «désire» se rendre en Terre sainte, il avait enfin invité à ne pas «exercer (…) de pressions» sur lui. Benoit XVI s’est rendu en Israël du 11 au 15 mai dernier. (apic/imedia/ami/bb)

21 juin 2009 | 09:19
par webmaster@kath.ch
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