Le pape évoque le passé commun des Polonais et des Juifs
«Dire non à l’Eglise, c’est dire non au Christ»
Czestochowa, 5 juin 1997 (APIC) Mercredi, avant de quitter Kalisz, Jean-Paul II a évoqué le passé commun des Juifs et des Polonais, avant de gagner dans l’après-midi de mercredi Czestochowa et son sanctuaire marial de Jasna Gora, où il a invité les Polonais à rester fidèles à l’Eglise et les religieux à résister au «processus de laïcisation» du pays.
Au sanctuaire de Kalisz, Jean-Paul II a rappelé l’horreur des camps de concentration durant la Seconde Guerre Mondiale et a improvisé les paroles suivantes: «Beaucoup de juifs sont morts dans ces lieux horribles. C’est un passé commun que nous ne pouvons pas oublier. Il y avait aussi des juifs polonais. Un peuple qui a vécu chez nous pendant de nombreuses générations reste avec nous après la mort terrible de millions de ses fils et de ses filles. Les cimetières juifs parsemés dans toute la Pologne témoignent de ce passé commun. Ces endroits ont donc une signification spirituelle profonde: ils unissent les Juifs et les Polonais parce qu’ensemble nous attendons le jugement dernier.»
Une Nation baptisée
Après s’être recueilli devant l’icône de la vierge de Jasna Gora, le pape a rendu grâce à la Vierge lors d’une prière publique pour «l’incessante protection de toute l’Eglise et de ma personne». Lui confiant la préparation du «grand Jubilé du christianisme», il lui a demandé d’aider «toutes les nations du monde à commencer le nouveau millénaire en union avec le Christ, Roi des siècles».
Jean-Paul II a aussi déposé au pied de l’icône une prière de supplication pour son pays: «Nous sommes restés une Nation baptisée et fidèle pendant dix siècles. Je viens aujourd’hui pour exhorter mes frères et soeurs à persévérer aux côtés du Christ et de son église, pour les encourager à un usage sage de la liberté reconquise. […] Je te confie ma Patrie et les transformations sociales, économiques et politiques qui s’y jouent.» S’adressant aux pèlerins, le pape leur a demandé sans détour d’aimer l’Eglise. «Nous devons être fidèles à l’Eglise que nous formons nous-mêmes, a-t-il souligné. Si nous disons oui au Christ par notre foi et par notre vie, nous ne pouvons pas ne pas le dire aussi à l’Eglise. […] Dire non à l’Eglise, c’est en même temps dire non au Christ.»
Un besoin de signes prophétiques
Le dernier rendez-vous de la journée a été pour les religieux et les religieuses réunis dans le sanctuaire de Jasna Gora. Le pape les a mis en garde contre les «processus de laïcisation» qu’il voit s’abattre sur la Pologne:
«Nous vivons dans des temps de chaos, de désorientation et de confusion spirituelle, où nous discernons diverses tendances libérales et laïcistes. On raie souvent Dieu de la vie sociale. On tente de réduire la foi à la sphère purement privée et on voit s’introduire un dangereux relativisme moral dans la conduite morale. L’indifférence religieuse se diffuse. La nouvelle évangélisation est donc une urgente nécessité, y compris pour la Nation polonaise.»
Constatant que «les hommes de notre temps écoutent plus volontiers les témoins que les maîtres, l’exemple plutôt que les paroles», le pape a souligné que «l’Eglise d’aujourd’hui en Pologne a un besoin énorme de signes prophétiques», pour «aider les hommes à faire un bon usage de la liberté». Les voeux religieux, pauvreté, chasteté et obéissance sont, a-t-il dit, la «thérapie spirituelle» indiquée pour lutter contre les trois tentations qui «appauvrissent actuellement» le pays: «la chair, le pouvoir et l’argent». Dans une ultime mise en garde, le pape a noté que «les processus de laïcisation n’épargnent plus les personnes consacrées, soumises à la tentation de l’agir plus que de l’être».(apic/jmg/cip/mp)




