Vatican

Le pape François crée une Commission d'étude sur le diaconat féminin

Le pape François a créé une nouvelle Commission d’étude sur le diaconat féminin. Le pontife argentin l’avait annoncé à la clôture du Synode sur l’Amazonie. Cette nouvelle commission, qui compte 5 femmes dans ses rangs, dont la théologienne Barbara Hallensleben, de l’Université de Fribourg, sera présidée par le cardinal Petrocchi, archevêque de L’Aquila, en Italie.

Lors d’une récente audience accordée au cardinal Luis Francisco Ladaria Ferrer, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, le pontife en a décidé ainsi, annonce le Saint-Siège le 8 avril 2020.

Le 10 mai 2019, lors d’une audience accordée à 850 supérieures d’ordre religieux féminins réunies à Rome pour une assemblée plénière de l’Union internationale des supérieures générales (UISG), le pape François avait livré par oral une synthèse des résultats du travail de la Commission d’étude sur le diaconat féminin, instaurée en 2016 à la demande de l’UISG. Le résultat «n’est pas extraordinaire», avait-il alors estimé, relevant qu’il n’y avait pas d’unanimité entre les membres de la commission.

Dix membres, dont cinq femmes

Malgré cette conclusion, le pape François a donc décidé la réouverture d’une nouvelle Commission d’étude sur le diaconat féminin le 8 avril 2020. Elle sera présidée par le cardinal Giuseppe Petrocchi, archevêque de L’Aquila. Celui-ci sera soutenu par un secrétaire, le prêtre théologien Denis Dupont-Fauville, official de la Congrégation pour la doctrine pour la foi.

L’institution compte également dix membres dont cinq femmes. Parmi elles, figure la théologienne française Anne-Marie Pelletier, de Paris. Professeur des universités, elle est la première femme à avoir composé les méditations du Vendredi saint en 2017. Elle est également la première femme à avoir reçu le prix de théologie de la Fondation Ratzinger-Benoit XVI en 2014.

Une théologienne de Fribourg

Elle sera accompagnée notamment de la théologienne suisse Barbara Hallensleben, professeure au Département des Sciences de la foi et des religions de l’Université de Fribourg

Les autres membres sont la théologienne ukrainienne Catherine Brown Tkacz, de Lviv, le diacre américain Dominic Cerrato, de Steubenville, le Père Santiago del Cura Elena, professeur espagnol de théologie systématique, de Burgos, mais aussi la philosophe anglaise Caroline Farey, de Shrewsbury, ou le théologien allemand Manfred Hauke, professeur à la Faculté de théologie de Lugano, en Suisse italienne, auteur notamment de monographies sur le sacerdoce des femmes.

La commission comptera également sur l’apport du diacre américain James Keating, directeur de la formation théologique de l’Institut de formation sacerdotale, d’Omaha, ou encore de l’Italien Mgr Angelo Lamieri, professeur de la chaire de liturgie et sacramentaire générale de l’Université pontificale du Latran, de Crema, ou la professeure à la Faculté de missiologie de l’Université pontificale grégorienne Rosalba Manes, de Viterbe.

Une demande formulée pendant le synode sur l’Amazonie

Le pontife répond ainsi à une demande formulée dans le point 103 du document final du Synode sur l’Amazonie, pour la réouverture de la commission pour le diaconat pour les femmes. La proposition n’avait pourtant pas été retenue dans l’exhortation apostolique «Querida Amazonia«. Le pape avait seulement souligné le rôle majeur des femmes dans cette région. Il avait mis en garde contre toute vision leur offrant un statut seulement si elles accèdent au sacrement de l’ordre, ce qui reviendrait à les «cléricaliser» selon lui.

Dans l’avion de retour de Macédoine du Nord, le chef de l’Eglise catholique s’était montré ouvert à des travaux supplémentaires sur la question. «Je n’ai pas peur de cette étude, mais jusque-là, ça ne va pas», avait-il alors affirmé. Le pontife avait également relevé que le sacerdoce exclusivement masculin n’était pas une conséquence culturelle, puisque des prêtresses païennes existaient à l’époque du Christ et dans les siècles suivants. (cath.ch/imedia/ah/be)

Barbara Hallensleben, professeure au Département des Sciences de la foi et des religions de l'Université de Fribourg | © B. Hallet
8 avril 2020 | 14:43
par I.MEDIA
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