Vatican

Le pape François dénonce la réalité tragique de l’esclavage moderne

Le pape François a dénoncé le 7 mai 2018  la réalité tragique de l’esclavage moderne, dans un message vidéo envoyé aux participants du colloque «Vieux problèmes du nouveau monde», organisé en Argentine par le diocèse orthodoxe de Buenos Aires et le Patriarcat œcuménique.

L’esclavage est une «tragique réalité devant laquelle nous ne pouvons pas jouer les distraits», affirme le pape François dans son message.

Plus de 40 millions de personnes concernées

L’esclavage, affirme le pontife, n’est pas quelque chose d’un autre temps. C’est une «réalité tragique» dont les chiffres sont «dramatiquement élevés»: plus de 40 millions de personnes, selon des statistiques récentes.

Cette réalité se manifeste sous différentes formes – trafic, exploitation, prostitution… – «toutes plus graves et déshumanisantes les unes que les autres». «Personne ne peut se laver les mains» face à ce phénomène, insiste le pape François. Si certains «spéculent honteusement sur l’esclavage», tout le monde est impliqué dans ce problème. Le premier objectif est donc de «lever le voile d’indifférence» qui masque cet esclavage pour sortir de l’hypocrisie.

L’esclavage touche tout d’abord les démunis

Pour l’évêque de Rome, il faut ensuite agir en faveur des esclaves. C’est-à-dire pour leurs droits mais aussi empêcher que les «corrompus et les criminels échappent à la justice». Pour cela, considère-t-il, il faut œuvrer en faveur d’un développement humain intégral, notamment car l’esclavage touche tout d’abord les démunis.

C’est un travail immense, reconnaît le pape François, qui requiert courage, patience et persévérance». Mais les chrétiens doivent s’y engager résolument pour une société «renouvelée».

L’interpellation contre les formes nouvelles d’esclavage est une constante du pape François depuis son élection en 2013. Il a notamment institué la Journée mondiale de prière et de réflexion sur la traite des êtres humains, célébrée chaque année le 8 février depuis 2015. Il s’agit du jour de la fête de sainte Joséphine Bakhita (1869-1947), ancienne esclave née en 1869 dans le Sultanat du Darfour (Soudan), devenue religieuse et canonisée en 2000. (cath.ch/imedia/xln/be)

Le pape François | © Jacques Berset
7 mai 2018 | 17:15
par Jacques Berset
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