?Le Pape Jean-Paul II a renouvele ce matin son appel aux chretiens pour
qúils contribuent a «resoudre raisonnablement» le probleme de la dette
internationale. Ce serait, insiste le pape, «un signe eloquent de la
conversion des coeurs, element essentiel du Grand jubile». Le pape
s’adressait aux participants de l’Assemblee pleniere du Conseil pontifical
Justice et paix, qui a lieu a Rome depuis mardi dernier 6 novembre sur le
le theme: «L’epreuve de la democratie: valeurs morales et vie politique».
?Pour elaborer une conception de la democratie qui soit a la fois
authentique» et «complete», on ne peut plus se contenter de traiter des
institutions et des systemes politiques. La reflexion doit «s’elargir a
l’ensemble de la societe, a l’economie du travail», insiste le pape, et aux
questions internationales comme la dette.
?C’est ce qúa deja fait en decembre 1986 le «courageux document» du conseil
pontifical Justice et Paix. Aujourd’hui, le Pape confirme la «mission» du
conseil pour «elaborer des suggestions et des orientations» pour reflechir
a la dette «de maniere responsable» et d’arriver a des «solutions concretes
et raisonnables, dans la perspective du grand jubile.
?Il y a urgence. Les reseaux de solidarite se «disloquent».«Le probleme de
la dette, continue le Pape, contribue a rendre tres dure la situation
sociale dans de nombreux pays Elle constitue une hypotheque dramatique sur
le developpement democratiques de leurs systemes politiques et
economiques». De fait, a la racine, la dette «empeche toute esperance en un
avenir plus humain».
?Cette question d’ordre economique releve d’un debat de fond sur le rapport
entre les valeurs et la democratie. En un mot, sur le respect de la dignite
de la personne humaine. «Il s’agit, explique le Pape, d’un ensemble de
questions parmi les plus actuelles et les plus determinantes pour maintenir
et ameliorer les systemes democratiques».
?Et de rappeler la doctrine sociale de l’Eglise qui «condamne toutes les
formes de totalitarismes». Pourquoi? Parce qúelles nient, selon les mots de
l’encyclique Centesimus annus, «la dignite transcendante de la personne
humaine» (n. 44).
?En meme temps, cette doctrine sociale «exprime son estime pour les
systemes democratiques» (n. 46). La constitution pastorale Gaudium et Spes
reconnait en effet que ces systemes sont «concus pour assurer la
participation des citoyens» (n. 75). Le pape precise: «selon le sage
critere de la subsidiarite». Ce qui suppose «que le systeme politique
reconnaisse le role essentiel des personnes, des familles, et des
differents groupes qui composent la societe civile.»
?La democratie est en danger. Le Pape diagnostique les graves consequences
de «l’indifference» et du «relativisme» qui meconnaissent «l’authentique
valeur de la personne humaine». «Une democratie, explique-t-il, non fondee
sur les valeurs propres a la nature humaine presente le risque compromettre
la paix et le developpement des peuples». La dette en est un exemple.
?Face a cette crise des valeurs, les chretiens doivent «reagir avec la
force de l’evangile de Jesus-Christ» et du «patrimoine» de la doctrine
sociale de l’Eglise. Aux laics revient un role indispensable d’education.
Une «action educative intelligente et continue». A savoir: «former a
l’honnetete, a la solidarite, a l’attention aux plus demunis, a un «style
de vie dans lequel les elements qui determinent les choix de consommation,
depargne et d’investissement soient la recherche du vrai, du beau et du
bon, ainsi que la communion avec les autres hommes pour une croissance
commune» (Centesimus annus, 36).
?Le Pape exprimait ses voeux que le monde «connaisse des jours de justice
et de paix dans le Christ».



