Premiers bains de foule

Le pape Jean Paul II est arrivé à Paris

Paris, 21 août 1997 (APIC) Au premier jour de sa septième visite en France, le pape Jean Paul II a eu une pensée particulière pour les pauvres et les sans abris dans le monde. Recevant sur le parvis des libertés et des droits de l’homme au Trocadero les réprésentants d’ATD Quart monde, le pape, qui est apparu faible et plutôt fatigué, a rappelé la mémoire du Père Joseph Wresinski fondateur du mouvement.

Quelque deux heures plus tôt, Jean Paul II avait été reçu à l’aéroport d’Orly par le président Jacques Chirac, accompagné de son épouse. En hélicoptère, le pape a ensuite gagné l’Elysée, pour s’entretenir avec le président français. Au premier rang figuraient trois ministres du nouveau gouvernement de gauche, Marie-Georges Buffet, ministre communiste de la Jeunesse et des Sports, Hubert Vedrine, ministre des Affaires Etrangères, et Jean-Pierre Chevènement, ministres de l’Intérieur et des cultes, tous deux socialistes.

Dans son allocution, le président Jacques Chirac a souligné le fait sans précédent : «Jamais notre capitale dans son histoire n’avait vu converger vers elle autant de jeunes».

A cœur de la discussion entre les deux hommes: le chômage qui touche les jeunes et la perte des repères spirituels. Les jeunes, a dit le pape dans sa réponse, sont venus à Paris pour fortifier ensemble leur volonté de bâtir un monde plus hospitalier, un avenir plus pacifique.

Un discours somme toute introductif à son premier rendez-vous, Place du Tracadero, avec les jeunes d’ATD Quart Monde, pour honorer la mémoire du fondateur de ce mouvement, le Père Joseph Wresinski (1917 – 1988).

Deux Suissesses au sein de la délégation d’ATD Quart Monde

Debout dans sa papamobile, Jean-Paul II s’en est en effet allé inaugurer à sa manière les 12e Journées Mondiales de la Jeunesse, en se rendant sur le Parvis des libertés et des droits de l’homme, au Trocadero, où 300 jeunes représentants d’ATD Quart Monde en provenance des cinq continents l’attendaient, dont deux Bâloises, Nelly Schenker, représentante des militantes d’ATD Quart Monde, et Barbara Flückiger, désignée parmi les dix jeunes de ce mouvement pour accueillir le pape.

B Flückiger était en outre porteuse d’un des deux cadeaux offerts à Jean Paul II: un album de photos-témoins des militants d’ATD Quart Monde. L’autre, contenu dans un petit coffret, renfermait la terre où repose désormais le Père Wresinski. Le pape avait auparavant été accueilli par Geneviève de Gaulle-Anthonioz, nièce du Général de Gaulle, actuelle présidente du mouvement ATD quart monde.

Au cours d’une cérémonie simple, intime et qui sera peut-être la plus «vraie» de ces JMJ, le pape a dit en compagnie des 300 jeunes réunis sous un soleil de plomb la prière du Père Wresinski pour les victimes de la misère, composée pour défendre la dignité inaliénable de chaque être humain: «Pour ces millions d’enfants, de femmes et d’hommes qui ne veulent pas maudire mais aimer et prier, travailler et s’unir, pour que naisse une terre solidaire».

Dans un discours simple, profession de foi d’une militante, une jeune fille d’ATD Quart Monde a réaffirmé publiquement la volonté de son mouvement de continuer la lutte contre la pauvreté et l’exclusion. En relisant ces mots du Père Wresinski à jamais gravés sur la plaque posée le 17 octobre 1987 sur le Parvis du Trocadero: «Là où des hommes sont condamnés à vivre dans la misère, les droits de l’homme sont violés. S’unir pour les faire respecter est un devoir sacré».

Au Champ-de-Mars

La foule a été maintenue en dehors de l’espace réservés aux seuls représentants d’ATD Quart Monde, ainsi qu’aux accompagnateurs du pape, dont l’archevêque de Paris, le cardinal Jean-Marie Lustiger… et les gardes attachés à la protection de Jean Paul II, qui est apparu faible et plutôt fatigué.

D’un pas hésitant, s’appuyant visiblement sur sa canne, le pape est remonté dans sa papamobile pour gagner la nonciature, avant de reprendre le chemin du Pèlerin, pour une célébration-spectacle du maître d’œuvre Jacques Le Disez au Champ-de-Mars, la première rencontre avec la jeunesse de ces JMJ.

Dans l’après-midi, le pape a fait une entrée triomphale sur le Champ-de-Mars où l’attendaient plus de trois cent mille jeunes venus de 160 pays et des représentants des communautés musulmanes, juives, protestantes et orthodoxes. Le visage ravi il a salué la foule qui agitait de multiples drapeaux nationaux alors qu’il parcourait les allées avec la papamobile et que la chanteuse noire américaine Dee Dee Bridgewater chantait «Oh happy day»,

Jean-Paul II a commencé par leur lancer un appel en quatorze langues différentes «Vous prenez la suite des jeunes qui, en portant des rameaux d’olivier, sont venus au devant du Christ qui entrait à Jérusalem. Ils acclamaient le Christ. Aujourd’hui, jeunes de tous les continents, vous reconnaissez le Christ qui nous unit dans un joyeux échange et dans une forte solidarité, et vous marchez ensemble vers le bonheur qu’il nous offre».

Le pape a conclu ces appels par une méditation où il a voulu exprimer «la nouveauté radicale de la vie chrétienne». Le Christ, a souligné Jean-Paul II «inverse les rôles». «Il montre humblement qu’aimer en paroles et en actes, cela consiste avant tout a servir ses frères. (…)

«Lorsque les hommes souffrent, a-t-il ajouté, lorsqu’ils sont humiliés par la misère ou l’injustice, et qu’ils sont bafoués dans leur droits, attachez vous à les servir ; l’Eglise invite tous ses fils a s’engager pour que chaque personne puisse vivre debout et être reconnue dans sa dignité primordiale d’enfant de Dieu». (apic/pr)

9 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 4  min.
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