L’évêque de Bissau tente une approche de médiation

Le pape lance un appel à déposer les armes en Guinée-Bissau

Rome, 17 juin 1998 (APIC) Le pape Jean Paul II appelle les parties en conflit en Guinée-Bissau à «déposer les armes», et demande à la communauté internationale de continuer à travailler «en faveur de la paix». Pour sa part, l’évêque de Bissau, Mgr Settimo Aruro Ferrazzetta, tente une approche de médiation entre les parties en conflit.

Des combats opposent depuis une semaine des soldats rebelles aux forces loyales au président du pays, Joao Bernardo Vieira, appuyées par quelque 1’700 soldats du Sénégal, et de la Guinée-Conakry. Les rebelles contrôlent l’aéroport international et l’axe routier par lequel arrivent les vivres, ce qui provoque une situation humanitaire «dramatique», selon l’évêque de Bissau.

«Je m’adresse avec insistance aux parties en conflit afin qu’elles déposent les armes et mettent un terme à la violence et à l’exode des populations. Je souhaite ardemment que la communauté internationale continue son oeuvre en faveur de la paix et qu’elle puisse contribuer par des moyens non-violents à la réconciliation de tous», a-t-il plaidé lors de l’audience générale du mercredi.

Le pape a également invité les fidèles à «se faire solidaires dans la prière avec les habitants de guinée-Bissau, en particulier avec l’évêque Mgr Ferrazzetta, et avec ses diocésains». Jean Paul II a enfin rappelé ses deux visites pastorales dans le pays en 1990 et 1992.

Pour sa part, Mgr Ferrazzetta, évêque de Bissau depuis 21 ans, tente depuis lundi une médiation entre le président et le général. Il a lancé un appel à l’aide humanitaire d’urgence auprès de la Caritas Internationalis et de la Caritas italienne, relayé par l’Agence missionnaire italienne MISNA.

Situation de famine

La situation de famine et de soif est dramatique, souligne l’évêque. Quelque 300’000 habitants ont fui Bissau, des centaines de morts sont abandonnés sur les routes, de nombreuses maisons sont détruites par les bombardements, et en particulier, l’hôpital, à moitié détruit. «C’est une tragédie, dit-il, il n’y a plus rien, ni médicaments, ni vivres, ni carburant. L’aéroport et les frontières sont fermés et l’on ne sait pas quand ils seront à nouveau ouverts». Il demande à l’Europe de tout faire pour envoyer des secours et ainsi empêcher la mort une grande partie de la population.

Selon le quotidien italien «L’Avvenire», l’évêque tente actuellement de «convaincre les deux leaders de trouver une solution non sanglante au conflit». D’après son porte-parole, il espère obtenir sous peu un cessez-le-feu pour permettre l’arrivée de l’aide humanitaire.

L’évêque est accompagné dans sa mission par le Nonce apostolique à Dakar, Mgr Jean-Paul Gobel et par le vicaire général de Bissau, le Père Joao Vincente. (apic/imed/pr)

3 mai 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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