Rome: La ›banque du Vatican’ ouvre exceptionnellement ses portes à la presse

Le pape n’a pas de compte à l’IOR

Rome, 28 juin 2012 (Apic) L’Institut pour les Œuvres de Religion (IOR), la ’banque du Vatican’ a ouvert ses portes à la presse le 28 juin 2012. Histoire de lever le voile de mystère et d’abolir les fantasmes de certains journalistes. Au cœur de la tempête médiatique, l’IOR d’ordinaire si discret, voulait montrer qu’il n’a rien à cacher. Le directeur exécutif a indiqué que l’IOR gérait une somme de 6 milliards d’euros, que quelque 33 000 comptes y étaient ouverts par environ 25 000 entités.

D’emblée, le ton est donné : quelques mètres après avoir franchi la porte Sainte-Anne, principale voie d’accès à la Cité du Vatican, le visiteur se retrouve au pied d’une massive tour en pierre de taille, qui contraste singulièrement avec le raffinement du Palais apostolique – la résidence du pape – auquel elle est accolée. Lorsqu’il pénètre dans cet édifice inexpugnable et découvre dans un climat feutré les sept guichets de l’Institut pour les œuvres de religion (IOR), la ›banque du Vatican’, objet de tous les fantasmes, c’est la stupéfaction. Puis l’imagination, alimentée par les récits de Dan Brown et les innombrables livres aux titres racoleurs qui paraissent régulièrement en Italie, fait le reste.

C’est précisément cette image d’un Vatican secret et recroquevillé sur lui-même que le directeur exécutif de l’IOR, Paolo Cipriani, a tenté de détruire lors d’une visite organisée exceptionnellement le 28 juin 2012 pour la presse. Une initiative déjà éprouvée avec le corps diplomatique accrédité auprès du Saint-Siège quelques semaines auparavant. Le but de cette initiative était de lever le voile de mystère qui entoure l’institut, au cœur d’une tempête médiatique qu’il n’avait pas connu depuis plus de 20 ans lorsqu’il était dirigé par Mgr Marcinkus, et de montrer les résultats d’un travail de «transparence et d’ouverture» mené, selon le directeur, dès les années 1990. Ces derniers mois, l’IOR s’est retrouvé sur le devant de la scène médiatique après l’éviction brutale du président du Conseil de surintendance Ettore Gotti Tedeschi, désavoué par ses pairs.

Il ne devait être question de cette affaire au cours de la visite organisée par le Bureau de presse du Saint-Siège en présence d’une cinquantaine de journalistes, qui ont dû se contenter de quelques chiffres rapportés par Paolo Cipriani. Le directeur exécutif a ainsi indiqué que l’IOR gérait une somme de 6 milliards d’euros, que quelque 33 000 comptes y étaient ouverts par environ 25 000 entités différentes. Le pape, en revanche, ne possède pas de compte à l’IOR, a-t-il assuré. La banque, qui dispose sur l’ensemble du territoire du Vatican de quelque de 13 points de retrait, compte 112 employés.

Etroite surveillance

Bien sûr, le directeur du IOR n’a pas manqué de souligner qu’il ne travaillait pas dans une ›banque’ à proprement parler, la finalité de cette «institut financier» n’étant pas de spéculer. Seuls 5 % du capital géré par l’IOR sont investis dans des produits financiers à faible rendement. Consigne est donnée de ne pas prendre de risques. Car cet organisme qui bénéficie de la personnalité juridique canonique travaille sous l’étroite surveillance d’une commission de cardinaux dirigée par le secrétaire d’Etat du Saint-Siège, qui doit s’assurer de la bonne éthique de l’IOR, qui n’embauche que des catholiques pratiquants.

Au-delà des chiffres, il s’agissait surtout de montrer dans le détail tous les efforts accomplis par l’IOR pour devenir une référence en matière de transparence, au moment même où le Vatican attend avec anxiété de connaître les résultats de l’enquête menée de novembre 2011 à mars 2012 par ›Moneyval’ pour inclure ou pas l’Etat sur la liste des pays vertueux en matière de lutte contre le blanchiment d’argent. Le verdict de cet organisme de contrôle du Conseil de l’Europe devrait être rendu public après l’assemblée générale du 4 juillet.

Pas de comptes chiffrés

D’emblée, Paolo Cipriani a balayé la rumeur tenace qui circule dans les médias quant à l’existence de comptes chiffrés à l’IOR. Il a reconnu en revanche le recours à des codes alphanumériques destinés à «faciliter les transactions et non à les dissimuler». L’activité de l’IOR est contrôlée au sein du Vatican par la commission cardinalice et, depuis 2011, par l’Autorité d’information financière créée par Benoît XVI. En outre, depuis 2009, le cabinet d’audit Deloitte révise le bilan annuel de la banque et veille à sa conformité avec les standards internationaux. Bref, après cinq ans passés comme directeur exécutif, Paolo Cipriani estime avoir rempli sa mission de faire de l’IOR la seule ›banque’ capable d’observer tant le Code de droit canonique que les réglementations internationales les plus strictes en matière de transparence financière. (apic/imedia/cp/mp)

28 juin 2012 | 17:58
par webmaster@kath.ch
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