Le pape n'aurait pas relu l'entretien
Rome: L’interview du pape à «La Repubblica» accueillie entre enthousiasme et perplexité
Rome, 3 octobre 2013 (Apic) L’échange publié le 1er octobre 2013 entre le pape et Eugenio Scalfari, le fondateur du quotidien italien «La Repubblica», a suscité un sentiment ambivalent, entre enthousiasme et perplexité de certains journalistes et d’une partie de l’opinion. Une perplexité d’autant plus grande que cet entretien n’a probablement pas été relu par le pape, a indiqué le lendemain le Père Federico Lombardi, directeur du Bureau de presse du Saint-Siège.
Interpellé sur le «statut» de l’interview, le porte-parole du Saint-Siège l’a qualifiée d’»entretien libre, personnel». Les deux hommes s’étaient parlés à la Maison Sainte-Marthe le 24 septembre. Le Père Lombardi a reconnu que l’interview n’avait probablement pas été relue. L’interlocuteur du pontife l’a mise par écrit et publiée «avec la confiance du pape», a souligné, le Père jésuite. Il a précisé qu’il ne s’agissait pas d’un texte du magistère, ni d’une encyclique, mais bien d’une occasion pour le pontife de s’exprimer avec «une grande sincérité et simplicité».
L’interview «de trop»?
La critique du pape contre le «vaticano-centrisme» a notamment eu un grand succès. Dans cette interview, le pontife s’est également déclaré, par moments, «anticlérical».
Certains observateurs avaient fait remarquer, notamment sur les réseaux sociaux, qu’il s’agissait peut-être de «l’interview de trop», après la publication très rapprochée d’autres interventions du pape, et notamment la longue réponse à une lettre du fondateur de «La Repubblica». Certaines redondances ont été soulignées.
Autre point délicat: certaines affirmations peuvent être surinterprétées. Dans l’interview du 1er octobre, le pape assure ainsi que l’homme doit suivre le bien et combattre le mal selon la conception qu’il s’en fait. Une affirmation qui semble s’opposer à la lutte de ses prédécesseurs contre le relativisme caractéristique du monde contemporain.
L’absence de relecture a étonné. L’interview réalisée par le Père jésuite Antonio Spadaro pour «La Civiltà cattolica», publiée le 19 septembre, avait été, elle, dûment relue par le pape.
Un désir de communication directe
En tous les cas, ces prises de parole désormais régulières du pape François, non programmées et passant au-dessus des canaux habituels de la communication vaticane, s’inscrivent dans le cadre plus général d’un «désir de communication directe» du pontife, a assuré le Père Lombardi.
Le pape avait déclaré, dans l’avion qui le menait à Rio de Janeiro au mois de juillet dernier, qu’il n’aimait pas beaucoup les interviews. Depuis, il en a accordé un certain nombre, concédant entre autres plus d’une heure de conférence de presse aux journalistes du vol papal à son retour du Brésil. Malgré les quelques perplexités soulevées, chaque intervention est accueillie avec enthousiasme de la part du grand public. Preuve en est l’importante diffusion de ces textes sur internet. (apic/imedia/mm/rz)



