«Le pape ne doit pas démissionner»

Rome: Le Père Lombardi répond au professeur Adriaenssens sur la pédophilie

Rome, 2 octobre 2010 (Apic) «Le pape ne doit pas démissionner» comme le ferait «un ministre». C’est ainsi que le Père Federico Lombardi, directeur du Bureau de presse du Saint-Siège, a répondu, dans l’après-midi du 1er octobre 2010, au pédopsychiatre belge Peter Adriaenssens qui avait émis le souhait que Benoit XVI quitte ses fonctions après les récentes révélations de scandales de pédophilie au sein du clergé dans plusieurs pays.

L’ancien président de la commission chargée du traitement des plaintes pour abus sexuels au sein de l’Eglise belge a ainsi rappelé que 2 ministres de son pays avaient démissionné après l’évasion du pédophile Marc Dutroux, même s’ils n’étaient pas ses gardiens.

S’il a souhaité exprimer son «respect» et celui de l’Eglise pour le professeur Adriaenssens et son travail passé à la tête de la commission chargée du traitement des plaintes pour abus sexuels au sein de l’Eglise, le Père Federico Lombardi n’a pas caché sa surprise après les déclarations du pédopsychiatre belge. Ainsi, il s’est étonné de sa «comparaison entre les responsabilités et l’autorité dans l’Eglise universelle et dans des institutions qui sont totalement différentes, par leur nature et l’organisation de l’autorité». «Cette comparaison ne fonctionne pas, selon notre point de vue, a ajouté le «porte-parole» du Vatican, car on ne peut pas comparer le pape avec le ministre d’un Etat».

«Le pape ne doit pas démissionner, a alors soutenu le père Lombardi, il doit continuer à faire ce qu’il fait pour gouverner l’Eglise, pour nous donner la ligne d’orientation correcte, et c’est à nous naturellement de la mettre en pratique».

Le Père jésuite, dans sa déclaration relayée par Radio Vatican, a ainsi expliqué que Benoît XVI avait «assumé toutes ses responsabilités comme pasteur de l’Eglise universelle, en donnant une ligne très claire pour affronter le problème des abus sexuels». «Pas seulement avec des mots de regrets, a-t-il souligné, qui sont déjà importants, mais aussi avec des gestes, comme l’écoute des victimes, qui est le point de départ pour chaque action correcte dans ce problème, ainsi que l’engagement pour la justice, avec le renouvellement des normes du droit canonique pour juger les coupables, et l’encouragement concret pour toutes les activités de prévention». Et de rappeler enfin que cela avait été «particulièrement évident dans le dernier voyage du pape au Royaume-Uni».

Le pape doit donner l’exemple

«Le pape ne devrait pas se contenter de faire part de ses regrets, mais il devrait aussi prendre de la distance par rapport à sa fonction et présenter sa démission», a ainsi déclaré Peter Adriaenssens dans une interview à paraître le 2 octobre dans le quotidien flamand De Morgen et dont certains extraits ont été publiés la veille.

«Il y a une différence entre être responsable et assumer la responsabilité», souligne le pédopsychiatre, qui rappelle que 2 ministres belges avaient démissionné après la courte évasion, en 1998, du pédophile Marc Dutroux, alors qu’ils «n’étaient pas ses gardiens».

«On doit aussi pouvoir dire qu’après tout ce qui s’est passé au sein de l’Eglise, une personne doit prendre ses responsabilités (…) Vu que le problème ne touche pas seulement la Belgique mais qu’il est mondialement répandu, c’est le pape qui doit donner l’exemple», renchérit Peter Adriaenssens.

En juillet dernier, après la saisie de ses dossiers par la justice belge, l’ensemble de la commission présidée par Peter Adriaenssens avait démissionné. Le 10 septembre, cependant, le professeur Adriaenssens a présenté le rapport de la commission qu’il avait dirigée de janvier à juin. Il y a révélé que près de 500 personnes s’étaient adressées à lui pour dénoncer des abus commis par des prêtres depuis les années 50 et que 13 victimes s’étaient suicidées.(apic/imedia/ami/js)

2 octobre 2010 | 10:19
par webmaster@kath.ch
Partagez!