«Le pape nous a encouragé à être le sel de la terre»
Rome/Gaza: Le curé de Gaza revient sur sa rencontre avec le Saint-Père
Rome, 29 août 2013 (Apic) A l’issue de sa rencontre avec le pape François, le 29 août 2014, le curé de la paroisse latine de Gaza, le Père Jorge Hernandez, a accordé une brève interview à l’agence I.MEDIA et à Famille Chrétienne. Il y exprime sa gratitude envers le pape dont la proximité a constitué «une grande consolation», mais également sa conviction que la paix demeure possible – une paix qui ne va pas sans sacrifice.
Vous avez été reçu par le pape François trois jours après l’accord marquant la fin des combats. Que représente pour vous cette attention?
Jorge Hernandez: Cela a été une grâce et une bénédiction pour tous. Pas seulement à titre personnel, mais pour tous ceux qui ont souffert de cette guerre. La proximité du pape François a été une grande consolation pour nous tous. Il nous a même appelé pour connaître la situation. Il nous a également écrit un mail que nous avons tout de suite traduit en arabe et publié sur Facebook pour que les paroissiens ressentent sa sollicitude. Cela nous réconforte beaucoup qu’il s’inquiète pour Gaza, comme un véritable pasteur.
Que vous a dit le pape lors de votre rencontre?
J. H.: Il nous a encouragé à aller de l’avant, à continuer à témoigner de Jésus, à être le sel de la terre. Il a aussi répété à plusieurs reprises que la paix était possible mais qu’elle nécessitait des sacrifices. Et nous sommes d’accord avec lui.
Vous êtes resté pendant toute la guerre à Gaza, alors que vous auriez pu sortir de l’enclave palestinienne…
J. H.: Le berger meurt pour son troupeau. Nous ne pouvions pas sortir, laisser la paroisse, les écoles. Pour nous, pour le prêtre qui vit avec moi et les religieuses présentes, rester a représenté une expérience de charité concrète. Le patriarche de Jérusalem a été proche de nous, les évêques aussi. Ils nous appelaient souvent, nous ne sommes pas seuls. Si nous restons à Gaza, c’est parce que la paix exige des sacrifices, comme le pape l’a souligné. Mais nous sommes convaincus qu’elle est possible. Nous restons car cette terre est celle qui a accueilli Jésus lors de sa fuite en Egypte avec ses parents. Et Jésus n’oubliera jamais que Gaza l’a accueilli. Cela fait partie de notre foi.
Quel a été le rôle de votre paroisse pendant cette guerre?
J. H.: Outre la prière, nous avons ouvert les portes de nos écoles pour loger près de 1’200 personnes, tous musulmans, qui fuyaient les bombardements. Cela a été une fois encore l’occasion pour eux de constater que nous autres, chrétiens, faisons partie de ce pays, et a fortiori pendant la guerre. Les structures du Patriarcat n’ont pas été directement touchées, mais la maison des sœurs a subi des dommages collatéraux et n’est plus habitable. Je m’apprête à retourner à Gaza car c’est bientôt la rentrée des classes et la vie doit continuer. (apic/imedia/fc/mm/pp)




