Vatican

Le pape rappelle avec force la «dignité inaliénable» de chacun

A rebours d’une culture individualiste, le pape François a invité, le 12 août 2020, les croyants à avoir une conscience renouvelée de la «dignité inaliénable» de la personne, fondement de toute vie sociale. Lors de l’audience générale, le pontife a poursuivi le cycle de catéchèse initié la semaine dernière sur les conséquences de la pandémie de coronavirus et la manière dont les chrétiens sont appelés à réagir.

«La pandémie a mis en évidence combien nous sommes tous vulnérables et interconnectés. Si nous ne prenons pas soin les uns des autres, à partir des derniers, de ceux qui sont le plus frappés, y compris la création, nous ne pouvons pas guérir le monde», a affirmé le pontife, relayé par Vatican News.

Si cette crise sanitaire a donné lieu à d’édifiants exemples de dévouement et d’abnégation, elle a aussi mis en lumière «de plus amples pathologies sociales», a relevé le pape. L’une est une «vision déformée de la personne, un regard qui ignore sa dignité et son caractère relationnel». C’est précisément ce «type de regard aveugle» qui entretient une «culture du rebut individualiste et agressive», laquelle perçoit l’être humain comme «un bien de consommation».

Or, la foi nous enseigne que Dieu nous a créés à Son image, nous conférant une dignité unique, et nous invitant à vivre en communion et en harmonie avec lui et avec nos frères, dans le respect de la création (1 Gn 27), a rappelé François.

Considérer son prochain comme un «don»

Ainsi donc le chrétien, à la suite du Christ, doit porter sur son prochain, non un regard individualiste, mais un regard d’amour et d’attention. «Nous voulons reconnaître en chaque personne, quelles que soient sa race, sa langue ou sa condition, la dignité humaine». Cette dignité inaliénable, puisque créée à l’image même de Dieu, est «le fondement de toute vie sociale et en détermine tous les principes d’action».

La référence moderne la plus proche de ce principe est la Déclaration universelle des Droits de l’Homme «que saint Jean Paul II a définie comme une ‘pierre milliaire placée sur le chemin long et difficile du genre humain’ (Discours à l’assemblée générale des Nations unies, 2 octobre 1979, n. 7)», a souligné le pontife argentin, relevant qu’une conscience renouvelée de la dignité de tout être humain avait de sérieuses implications sociales, économiques et politiques.

Considérer le prochain comme un don reçu de l’amour du Père, comme un frère et non plus comme un étranger, nous porte à «la compassion et à l’empathie, et non au mépris et à l’inimitié».

Le pape a finalement prié le Seigneur de «nous rendre la vue», pour redécouvrir ce que signifie être membres de la famille humaine. (cath.ch/vaticannews/rz)

Le pape François appelle à considérer son prochain comme «un don de l'amour du Père» (photo: silviarita sur Pixabay)
12 août 2020 | 11:49
par Raphaël Zbinden
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