Italie: A Brescia, Benoît XVI souhaite une Eglise «pauvre et libre»

Le pape rend hommage à Paul VI

Brescia, 8 novembre 2009 (Apic) Célébrant la messe au cœur de la ville de Brescia, en Italie, Benoît XVI a souhaité dimanche 8 novembre 2009 que l’Eglise puisse être «pauvre et libre» et soit «un signe lumineux d’espérance pour l’humanité du troisième millénaire». Célébrant la messe devant la cathédrale de Brescia, le pape a invité les fidèles et les clercs à se mettre à l’école de son prédécesseur, Paul VI. Ce dernier, pape de 1963 à 1978, est né à quelques kilomètres de là en 1897. Benoît XVI a également invité les fidèles à s’inspirer de son «amour pour l’Eglise».

Célébrant la messe sous une pluie incessante, sur la ›place Paul VI’ de Brescia, le pape a proposé une méditation sur le mystère de l’Eglise à travers la vision qu’en avait son prédécesseur. Souhaitant rendre hommage à la mémoire du «grand pape Paul VI» qui avait «consacré toute sa vie à l’Eglise», il a invité les laïcs à trouver dans les enseignements de Giovanni Battista Montini «des indications toujours plus précieuses pour faire face aux défis actuels, surtout la crise économique, l’immigration et l’éducation des jeunes».

La voix enrouée, Benoît XVI a souhaité que l’Eglise puisse être «pauvre et libre» pour réussir à parler à l’humanité contemporaine et qu’elle soit «un signe lumineux d’espérance pour l’humanité du troisième millénaire». Citant abondement Paul VI, Benoît XVI a aussi jugé que le rôle de l’Eglise était toujours plus radical face aux développements de la sécularisation et de la mondialisation, et dans «sa confrontation avec l’oubli de Dieu, d’une part, et avec les religions non chrétiennes, de l’autre».

«L’Eglise, a encore confié le pape, est un organisme spirituel concret qui prolonge dans l’espace et le temps l’offrande du Fils de Dieu, un sacrifice apparemment insignifiant par rapport aux dimensions du monde et de l’histoire, mais décisif aux yeux de Dieu».

Au début de cette nouvelle visite pastorale au nord de la péninsule italienne, Benoît XVI a célébré la messe abrité sous une structure moderne construite au pied de la grande façade blanche de la cathédrale de Brescia. Installé dans un grand trône doré, le pape s’est retrouvé face à une immense image le représentant les bras ouverts. Sur les côtés du podium, les prêtres suivaient la messe sous de grands parapluies jaunes et blancs pendant que, sur la place, les fidèles étaient, pour beaucoup, encapuchonnés dans des ponchos colorés. Aux balcons, des religieuses ou des fidèles armés de jumelles suivaient la messe à laquelle participaient plusieurs milliers de personnes.

Laïcité positive

En accueillant Benoît XVI sur la ›place Paul VI’, en milieu de matinée, le maire de Brescia avait particulièrement évoqué la «laïcité positive» souvent pointée du doigt par le pape allemand. «Il ne s’agit pas d’une laïcité qui réduit l’expérience chrétienne à une condition à reléguer dans le privé de la conscience comme s’il s’agissait presque d’un fardeau trop encombrant», a soutenu le jeune maire, membre du parti au pouvoir ›Il Popolo della Libertà’. Des propos prononcés alors que les autorités italiennes viennent de s’élever contre la condamnation du pays par la Cour européenne des droits de l’homme pour la présence de crucifix dans les salles de classe des écoles publiques.

Avant de célébrer la messe, le pape a brièvement visité l’église paroissiale de Botticino Sera, une commune proche de Brescia. Benoît XVI y a prié devant la dépouille mortelle de saint Arcangelo Tadini (1846-1912), un Italien qu’il avait canonisé le 26 avril dernier. Devant la petite église, le pape a invité les fidèles à s’inspirer de cette grande personnalité de la vie sociale pour aimer Dieu et «donner cet amour aux autres, à travailler pour que naisse un monde fraternel et que nul ne vive pour lui-même, mais pour les autres».

Sur sa route vers le centre de Brescia, la papamobile a également fait étape ›piazza della Loggia’ devant un monument à la mémoire de l’attentat à la bombe qui y fit 8 morts et une centaine de blessés le 28 mai 1974, durant une manifestation antifasciste. Debout à bord du véhicule, Benoît XVI est resté brièvement en prière devant ce monument.

Après avoir déjeuné, Benoît XVI s’est rendu au nord de Brescia, dans le village voisin de Concesio où, il a visité la maison natale de Giovanni Battista Montini puis le nouveau siège de l’Institut Paul VI. (apic/ami/be)

8 novembre 2009 | 14:47
par webmaster@kath.ch
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