Rome: 4e centenaire de la mort du père jésuite Matteo

Le pape souhaite que le peuple chinois puisse connaître le christianisme

Rome, 30 mai 2010 (Apic) Benoît XVI a estimé que le peuple chinois pourrait tirer de grands bénéfices d’une «nouvelle rencontre avec le christianisme». Le pape a rencontré samedi au Vatican quelque 7’000 pèlerins du diocèse italien de Macerata et de la région des Marches, venus en pèlerinage à Rome à l’occasion du 4e centenaire de la mort du père jésuite Matteo Ricci (1552-1610).

Evoquant la figure de ce premier missionnaire occidental en Chine, originaire de Macerata, Benoît XVI a invité les fidèles à prier «pour l’Eglise en Chine et tout le peuple chinois».

Devant une salle d’audience comble, Benoît XVI est ainsi longuement revenu sur la figure du père Matteo Ricci, voyant en lui «un grand missionnaire» et un «véritable protagoniste de l’annonce de l’Evangile en Chine». Au cours de son intervention, à l’exemple du père Matteo Ricci, le pape a souhaité exprimer sa «profonde sympathie à l’égard du noble peuple chinois et de sa culture millénaire» avant de se dire «convaincu qu’une nouvelle rencontre avec le christianisme» apporterait aux Chinois «des fruits abondants de bien». La République populaire de Chine compte entre 4 et 7 % de chrétiens, en majorité protestants.

En présence de plusieurs responsables de la Compagnie de Jésus, le pape a soutenu que le missionnaire jésuite ne s’était pas rendu en Chine «pour y apporter la science et la culture de l’Occident, mais pour y annoncer l’Evangile, pour faire connaître Dieu». Benoît XVI a aussi expliqué que l’œuvre missionnaire de Matteo Ricci avait «deux versants qui ne doivent pas être séparés : l’inculturation chinoise de l’annonce évangélique et la présentation à la Chine de la culture et de la science de l’Occident».

Au cours de cette audience, le pape a aussi brièvement salué les Chinois par un mot prononcé dans leur langue, salué par les applaudissements des pèlerins.

Bien plus célèbre en Chine qu’en Europe, le père Matteo Ricci, appelé Li Madou dans le pays – le sage de l’Occident -, fut l’un des premiers missionnaires italiens à pénétrer dans l’Empire du milieu en 1583, et le premier sinologue occidental. Très impressionné par la civilisation qu’il rencontra alors, il pratiqua une évangélisation progressive par une étude de la culture traditionnelle et l’assimilation des coutumes locales. Il jeta ainsi les bases de la mission catholique en Chine.

Li Madou gagna la confiance de l’empereur et pénétra dans la cité interdite à Pékin, où il fut d’ailleurs – en signe de grand honneur – enterré. Auteur d’ouvrages de théologie ou de philosophie, il introduisit en Chine des nouveautés scientifiques occidentales grâce aux traductions d’ouvrages européens, de cartes géographiques et de sphères célestes et terrestres, faites avec l’aide de lettrés chinois convertis. Son attitude conciliante à l’égard des honneurs rendus par les fidèles à Confucius et aux ancêtres fut, après sa mort, à l’origine de querelles autour «des rites chinois».

Celui que les Chinois connaissent bien mieux que Marco Polo (1254-1324), est parfois considéré comme l’un des pères fondateurs de la Chine moderne.

Ouvert en 1984, le procès en béatification de Matteo Ricci est en attente à la Congrégation pour les causes des saints depuis avril de l’année suivante, lors de la clôture de la phase diocésaine. (apic/imedia/ami/pr)

30 mai 2010 | 13:54
par webmaster@kath.ch
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