Rome : Benoît XVI reçoit le nouvel ambassadeur de Roumanie près le Saint-Siège
Le pape souligne les souffrances liées à l’expérience du communisme
Rome, 21 octobre 2010 (Apic) Benoît XVI a affirmé que le communisme en Roumanie avait entraîné la désintégration de la société et de l’individu. Le pape, qui recevait en audience au Vatican le nouvel ambassadeur de Roumanie près le Saint-Siège, a également souhaité que la société roumaine, marquée par des blessures profondes, répare les injustices héritées du passé.
Devant le nouvel ambassadeur roumain, Bogdan Tataru-Cazaban, le pape a ainsi soutenu que la gestion de l’héritage laissé par le communisme était difficile à cause de la désintégration de la société et de l’individu qu’il a favorisé. La révolution roumaine de 1989 a marqué la fin de la période communiste, démarrée plus de 40 ans plus tôt, en 1945.
Dans son discours, le pape a également soutenu que «tant d’années vécues sous le joug d’une idéologie totalitaire laissaient des blessures profondes dans les mentalités, dans la vie politico-économique et dans les individus». Et d’insister : la Roumanie «a été blessée par des décennies obscures et certaines de ces blessures sont toujours vives».
Le souverain pontife s’est ensuite réjoui qu’après le temps de l’euphorie de la liberté, la Roumanie se soit «engagée avec détermination dans un processus de reconstruction et de guérison». Le pape a cependant mis en garde contre «la recherche du bien-être et (…) l’appât du gain, conséquences compréhensibles d’une période de plus de 40 années de privations».
Aux yeux du pape, l’entrée de la Roumanie dans l’Union européenne le 1er janvier 2007 a marqué «une étape importante dans la recherche d’une démocratisation authentique». Le pape a alors souhaité que la Roumanie répare les injustices héritées du passé, en favorisant un dialogue authentique entre l’Etat et les différents responsables religieux, mais aussi en encourageant les relations harmonieuses entre les différentes communautés religieuses de la Roumanie.
Le souverain pontife a aussi estimé que dans ce pays à majorité orthodoxe, le témoignage de fraternité entre catholiques et orthodoxes devait prévaloir sur les difficultés et ouvrir les cœurs à la réconciliation.
Peu avant, l’ambassadeur avait lui aussi souligné l’expérience douloureuse du communisme. Il avait également transmis au pape une invitation du président roumain Traian Basescu à venir visiter son pays.
Agé de 33 ans, Bogdan Tataru-Cazaban est diplômé en philosophie. Il était jusqu’alors conseiller présidentiel chargé de la culture et des cultes. La Roumanie compte plus de 85 % d’orthodoxes, 7,5 % de chrétiens réformés et moins de 5 % de catholiques.
Le 27 mars 2010, Benoît XVI avait reçu en audience le prédécesseur de Bogdan Tataru-Cazaban, Marius Gabriel Lazurca, en visite de congé, et en poste depuis janvier 2007. Marius Gabriel Lazurca était âgé de 35 ans seulement à son arrivée à Rome. (apic/imedia/lb/amc)



