Burundi : Lutte contre la prolifération des sectes chrétiennes
Le parlement vote une loi qui durcit les conditions d’implantation
Bujumbura, 11 juillet 2014 (Apic) Les députés du Burundi, en Afrique orientale, ont voté, le 9 juillet 2014, un projet de loi visant à lutter contre la prolifération des Eglises nouvelles dans le pays. Selon une enquête des autorités, en une vingtaine d’années, leur nombre est passé de 45 à 557. Il s’agit essentiellement d’Eglises évangéliques.
Selon le gouvernement cet envahissement est accompagné de nombreux abus, tels que le détournement de mineurs, les abus sexuels, le refus de soins de santé et la pollution sonore.
La nouvelle loi durcit désormais les conditions d’implantation des Eglises nouvelles. Pour être agrées, elles devront compter 500 membres fondateurs, si elles sont initiés par des Burundais, mais il en faudra le double, soit 1000, si leurs initiateurs sont d’origine étrangère. En outre, elles sont tenues d’exercer le culte dans un lieu décent.
Le projet de loi a été voté à l’unanimité par les députés de l’Assemblée nationale. Il sera ensuite soumis au Sénat avant d’être promulgué par le président de la République, Pierre Nkuurunziza, un chrétien évangélique «born-again», dont l’épouse est pasteur dans une église évangélique. Les Eglises nouvelles du pays auront alors un an pour s’y conformer.
Lors du vote, le ministre burundais de l’Intérieur, Edouard Nduwimana, a déclaré que le gouvernement a mis en place ce cadre légal pour réduire la prolifération des Eglises nouvelles et pour réglementer la façon dont ces confessions religieuses exercent leurs activités pour le respect de la quiétude des citoyens. Il s’en est également pris aux animistes, en qualifiant leurs pratiques de «rétrogrades». (apic/ibc/mp)



