Ukraine : Services funèbres dans tous le pays à la mémoire des victimes des troubles
Le patriarche Philarète appelle à la réunification de l’orthodoxie
Kiev, 23 février 2014 (Apic) Un grand nombre de services funèbres à la mémoire des quelque 80 victimes des troubles des derniers jours ont été célébrés dimanche 23 février 2014 dans les églises d’Ukraine. Dans les églises orthodoxes-russes, une lettre pastorale du partiarche Cyrille de Moscou a été lue. Il y exprime sa sympathie pour les proches des victimes et appelle à la fin des heurts dans le pays.
Le chef de l’Eglise orthodoxe autocéphale dite du patriarcat de Kiev, séparée de Moscou, le patriarche Philarète a appelé à l’amour des ennemis. Dans une interview télévisée, il a néanmoins souligné la responsabilité de chacun et demandé la condamnation de tous les auteurs de crimes. Philarète a également proposé aux orthodoxes rattachés à Moscou la réunification des deux Eglises orthodoxes. Face à la tragédie actuelle, les Eglises doivent dépasser leurs divisions, a-t-il argumenté. Un telle démarche souderait aussi la population.
Un schisme vieux d’une vingtaine d’années
La séparation d’une partie de l’Eglise ukrainienne avec Moscou remonte à 1991, au moment de l’indépendance du pays. Il s’agissait alors de se défaire de l’influence de Moscou, mais il n’y a pas de vraies divergences théologiques. Ce schisme a conduit à de vives tensions concernant notamment la propriété des églises et bien ecclésiastiques. Le patriarche de Kiev Philarète a été excommunié par le synode de l’Eglise orthodoxe russe. Il n’a pas été reconnu non plus par la plupart des autres Eglises orthodoxes. Selon les sondages, les deux ailes de l’orthodoxie en Ukraine comptent environ le même nombre de fidèles même si l’Eglise de Moscou rassemble plus de paroisses.
Ces tensions entre orthodoxes se doublent du conflit lié à la renaissance de l’Eglise gréco-catholique, dite uniate, qui avait été supprimée par Staline en 1948 et rattachée de force à l’orthodoxie. Enfin surtout à l’ouest du pays l’Eglise catholique latine, sous influence polonaise, a retrouvé aussi un rôle plus important. (apic/kna/mp)



