Nicaragua: L’Eglise met en garde contre un deuxième mandat consécutif d’Ortega
Le pays risque de s’acheminer vers une dictature
Managua, 23 octobre 2009 (Apic) L’opposition politique et l’Eglise catholique au Nicaragua ont vigoureusement réagi à l’annonce par la Chambre constitutionnelle de la Cour suprême de Justice à Managua que le président Daniel Ortega pourrait se représenter en 2011. Les juges ont estimé «inapplicable» un article de la Loi fondamentale qui interdit au chef de l’Etat de briguer un 2e mandat de suite.
Alors que le Parti libéral constitutionaliste (PLC) a dénoncé la décision du tribunal, estimant qu’elle «viole tous les mécanismes légaux et constitutionnels», l’Eglise catholique nicaraguayenne a également élevé la voix. Elle voit dans cette décision de justice un risque de «dictature».
Mgr Juan Abelardo Mata, évêque d’Esteli et vice-président de la Conférence épiscopale du Nicaragua, a estimé que «la triste réalité est que pour les gouvernants, la Constitution n’est plus qu’un simple papier hygiénique», rapporte le journal sur internet «El Correo Digital» le vendredi 23 octobre.
Selon le prélat, si Ortega était réélu, «la dictature s’installera» et il y aura des règlements de compte et une répression pour tous ceux qui s’opposeront à ses intérêts. Lundi, six des 16 magistrats de la Cour Suprême de Justice (CSJ) ont approuvé un recours d’inconstitutionnalité déposé par le président Ortega le 15 octobre concernant un article de la Carta Magna de 1995 que empêche une deuxième réélection présidentielle consécutive. Ortega, élu en 2007, veut se représenter en 2011. (apic/correo/be)



