Le Père Johannes Lechner s’est senti «violé» en découvrant les dégâts
Genève: Des vandales ont profané l’église St François de Sales
Genève, 14 mai 2010 (Apic) L’église Saint François de Sales, dans le quartier de Plainpalais, à Genève, a été l’objet jeudi d’actes de vandalisme. Le 13 mai 2010, vers 8h30, la porte de la sacristie a été fracturée et les ostensoirs ainsi que divers objets de culte ont disparu. Dans un communiqué de presse, Mgr Pierre Farine, évêque auxiliaire à Genève, et Mgr Bernard Genoud, évêque de Lausanne, Genève et Fribourg, dénoncent ces actes de violence. Une enquête est ouverte.
Des malfrats ont choisi le jour solennel de l’Ascension pour dégrader l’église St François de Sales, à Genève. Les Frères de la congrégation de Saint-Jean venaient de quitter les lieux, après leur prière du matin, lorsque le délit a été commis. «Personne n’a rien entendu», a déclaré le Père Johannes Lechner, curé de la St François de Sales, interrogé vendredi par l’Apic.
Jeudi soir, près de 150 personnes sont venues prier et montrer leur soutien à la paroisse Saint François de Sales. Le Père Johannes constate ainsi une vague de solidarité à l’intérieur de la communauté catholique de Genève. Une cérémonie de réparation sera présidée par Mgr Pierre Farine, à St François de Sales, vendredi 21 mai à 20h30.
Saint Sacrement déjà volé
Le Père Johannes Lechner se dit «profondément choqué et attristé» et affirme qu’il s’agit d’un acte ciblé. «Ces gens savaient à quel moment ils pouvaient agir». La porte de la sacristie a été fracturée et les ostensoirs et ciboires avec le Saint Sacrement, déjà volés il y a un an à l’église du Sacré-Cœur et tout juste retrouvés, ont une nouvelle fois été dérobés. Le tabernacle a été renversé et les hosties consacrées éparpillées sur le sol. Les vandales ont également forcé les troncs, puis, jeté le matériel liturgique et les ornements au sol.
«La police nous a averti que les malfrats risquaient de revenir», a annoncé le Père Johannes. D’un point de vue éthique et par respect de l’intimité des fidèles, il semble cependant réticent face à l’installation de matériel de surveillance à proximité de l’église. Pour lui, le plus important étant que «les églises doivent rester ouvertes à tous», il estime qu’il faudrait investir dans la présence d’une personne qui resterait dans l’église plutôt que dans la mise en place de caméras de surveillance.
«Il n’y a pas de messages sprayés sur les murs»
La police n’évoque pour l’heure qu’un cambriolage avec effraction. «Des objets ont certes été volés, mais il n’y a pas eu de messages sprayés sur les murs», assure Philippe Cosandey, porte-parole de la police genevoise, interrogé par le quotidien genevois «La Tribune de Genève». Il se refuse ainsi à parler de profanation. Le profil et le mobile des vandales ne sont pas encore déterminés. «Une enquête est en cours, mais il est à noter que plusieurs cambriolages ont été annoncés ce matin dans ce quartier, ajoute Philippe Cosandey. La police technique et scientifique a été dépêchée sur place pour relever tous les indices».
L’église de Chêne-Bourg taguée il y a quatre mois
Il y a quatre mois, c’est l’église de Saint-François à Chêne-Bourg qui a été profanée. «J’ai moi-même nettoyé des dessins obscènes sur les portes, précise le Père Alain René Arbez dans un article de la «Tribune de Genève». J’avais préalablement déjà ramassé des excréments humains devant l’autel et quelqu’un avait déchiré une trentaine de pages de la Bible exposée.» D’autres lieux de culte ont déjà fait l’objet d’actes de vandalisme ces dernières années, à Genève. On se rappelle, entre autres, de la peinture lancée sur la Mosquée juste avant le vote antiminarets, d’une agression de la Synagogue en 2005 ou encore de l’incendie criminel à la chapelle de Champel-Malagnou en 2003. (apic/com/fb/be)



