Le Père Lombardi à propos de la messe du pape à Brno

Prague: «Le plus grand rassemblement catholique jamais organisé en République tchèque»

Prague, 28 septembre 2009 (Apic) Le Père Federico Lombardi, a indiqué aux journalistes dans la soirée du 27 septembre 2009 que la messe célébrée le matin même par Benoît XVI à Brno avait été «le plus grand rassemblement catholique jamais organisé en République tchèque». Le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège a aussi confié que le pape avait été «impressionné par l’atmosphère de prière» et le «silence» lors de cette cérémonie.

Le Père Lombardi est en outre revenu sur les rencontres bilatérales intervenues la veille au Palais présidentiel. Le Premier ministre tchèque Jan Fischer avait indiqué après avoir rencontré le secrétaire d’Etat du Vatican, le cardinal Tarcisio Bertone, que la question de la restitution des biens spoliés sous le régime communiste n’était «pas une priorité». Le Père Lombardi a confirmé les dires du chef du gouvernement tchèque. «Il y aura d’autres occasions, à l’avenir, pour discuter de nouveau de ces questions», a-t-il ajouté. Il a affirmé par ailleurs que «la société tchèque comprend l’attitude positive des catholiques».

Le 27 septembre 2009, au cours de la rencontre de Benoît XVI avec des responsables des différentes confessions chrétiennes en République tchèque, deux responsables juifs étaient également présents. Le pape les a salués à la fin de cette rencontre qui a eu lieu à l’archevêché de Prague. A la fin de sa rencontre avec les représentants du monde universitaire, dans la soirée du 27 septembre 2009, Benoît XVI a signé le livre d’or de l’université de Prague. ›Veritas liberavit vos’, ›La vérité vous rendra libres’ en latin. Ces paroles sont tirées de l’Evangile de saint Jean.

Le cardinal Miloslav Vlk déçu de ses 20 ans passés à Prague

Le cardinal Miloslav Vlk, archevêque de Prague, a considéré ses 20 ans de présence à la tête du diocèse de la capitale thèque comme un «insuccès». C’est ce qu’il a confié le 27 septembre 2009 sur une chaîne de télévision tchèque. «Pendant les 20 années passées à Prague, je n’ai presque rien réussi à obtenir au niveau ecclésiastique et politique», a expliqué le cardinal Vlk, faisant référence au renvoi de l’approbation de la loi sur les restitutions ecclésiastiques, aux tensions sur la propriété de la cathédrale Saint-Guy de Prague, actuellement dans les mains de l’Etat, et à l’absence de Concordat entre la République tchèque et le Saint-Siège.

«Voici les dettes que je laisse à mon successeur», a conclu le cardinal tchèque, âgé de plus de 77 ans, et qui devrait quitter ses fonctions d’ici la fin de l’année. Interviewé par Radio Vatican le 25 septembre, à la veille de la venue du pape dans son pays, il s’était déjà désolé de «la corruption» en République tchèque et avait confié qu’il n’y avait pas de «véritable démocratie, sérieuse et profonde».

Encadré

L’éducation n’est rien sans l’autorité de la vérité, soutient Benoît XVI

L’éducation n’est rien sans «l’autorité de la vérité». C’est ce que Benoît XVI a souhaité démontrer lors d’une rencontre avec le monde universitaire de République tchèque, au château de Prague, dimanche 27 septembre 2009 en fin d’après-midi. Le ›pape professeur’ a particulièrement mis en garde le monde de l’enseignement devant la menace de «l’idéologie réductrice du matérialisme» ou celle des «groupes d’intérêts idéologiques».

Face à ceux qui prétendent «que les questions soulevées par la religion, la foi et l’éthique, n’ont pas leur place dans les frontières de la raison collective», Benoît XVI a rétorqué que «la soif de connaissance qui est en l’homme pousse chaque génération à élargir le concept de raison et à se désaltérer à la source bienfaisante de la foi».

«L’autonomie propre de l’université, ou de toute institution culturelle, trouve son sens dans le fait d’être redevable devant l’autorité de la vérité», a particulièrement soutenu le pape au cours de cette intervention devant les recteurs des universités tchèques, des représentants des professeurs et des étudiants.

Cette autonomie est menacée, selon le pape, à la fois par «l’idéologie réductrice du matérialisme, la répression de la religion et la négation de l’esprit humain», mais aussi par «les groupes d’intérêts idéologiques» ou encore la tentation de «céder aux attraits d’objectifs utilitaristes ou pragmatiques à court terme». Si la culture européenne se construit seulement sur des «arguments en vogue» ou si elle «se détache elle-même de ses racines», a prévenu le pape, «nos sociétés (…) auront toujours plus de difficultés à reconnaître ce qui est vrai, noble et bon».

Ne pas détacher la foi de la raison

Dans ce contexte, face à «la fragmentation du savoir», Benoît XVI a souhaité le retour de «l’idée d’une éducation inclusive, fondée sur l’unité de la connaissance basée sur la vérité». «Certains» voudraient détacher la foi de la raison, a aussi prévenu le pape avant de prévenir qu’ainsi «ils font obstacle au vrai dialogue des cultures qu’ils appellent pourtant de leurs vœux».

En préambule à cette longue réflexion, le pape avait indiqué qu’il s’adressait à ses auditeurs «comme quelqu’un qui a été professeur, attentif au respect de la liberté académique et à la responsabilité dans l’exercice de la raison, et qui est maintenant le pape qui, dans son rôle de pasteur, est reconnu comme une voix dans la réflexion éthique de l’humanité». A son arrivée, le pape avait été escorté au milieu d’une prestigieuse salle médiévale par les recteurs des universités tchèques, dans leurs toges rouges. Avant l’intervention du pape, très applaudie, un chœur universitaire a effectué plusieurs pièces musicales. Le président Vaclav Klaus était installé au premier rang de la grande salle voûtée. Avant de quitter les lieux, le pape a signé un livre d’or. (apic/imedia/ami/be)

28 septembre 2009 | 09:34
par webmaster@kath.ch
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