Faire de la théologie, pour le Père Torrel, ne saurait être une simple activité scientifique au même titre qu’une autre discipline. Cette activité a un caractère social et engagé et possède par nature une finalité pastorale, affirme-t-il avec conviction. S’appuyant sur le Concile Vatican II et sur saint Thomas, dont il est un des plus éminents spécialistes, le Père Torrell décrit l’horizon du théologien catholique comme balisé par les trois grands piliers que sont l’Ecriture, la Tradition et l’Eglise. Car si elle doit répondre à des critères et à des normes, la théologie dépend aussi d’une motivation, d’un état d’esprit. Fondée pour défendre la foi, ce que l’on appelle la fonction apologétique, la théologie répond en fait à une requête interne à la foi elle-même. Elle cherche à déchiffrer le sens de l’histoire du salut.

Le Père Torrell, un théologien dans l’Eglise

Outre la rigueur et la recherche des sources originales, chères à saint Thomas, le Père Torrell insiste sur une démarche globale, synthétique. La théologie n’est pas le simple apprentissage de branches diverses rassemblées par hasard, mais une réalité organi-quement structurée dont l’objectif est de retrouver la cohérence de l’histoire du salut. Enfin la pratique théologique ne saurait être détachée de la vie chrétienne, de la prière et de la contemplation. L’homme ne peut s’approprier en maître le mystère de Dieu. Il le respecte et l’accueille.

De l’avis du Père Torrell, cela est de nos jours de plus en plus souvent perdu de vue. «Malgré le label universitaire qui range la théologie parmi les sciences humaines, nous sommes là en pleine équivoque. Aussi importante que soit l’attention donnée à d’autres problèmes, il n’y a aucun doute que la théologie proprement dite reste finalisée par sa relation à la Parole de Dieu. Hors de cette référence, la théologie est proprement désaxée; elle n’est plus théologie… Hors du sol ecclésial, la théologie est proprement déracinée», déclarait-il il y a onze ans lors d’un débat à l’Université de Fribourg l’opposant à un de ses confrères signataire de la «Déclaration de Cologne» pour une catholicité ouverte et contre la mise sous tutelle dans l’Eglise. (apic/be)

9 février 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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