Tunisie: Un imam licencié pour avoir refusé de prier la dépouille d’un soldat mort
Le pouvoir déterminé à reprendre en main les mosquées
Tunis, 6 juillet 2014 (Apic) Un imam du gouvernorat de Médenine, au sud-est de la Tunisie, qui a refusé de réciter la prière aux morts sur la dépouille d’un militaire tué par une mine, a été relevé de ses fonctions, a annoncé le ministère tunisien des Affaires religieuses. La sanction entre dans le cadre de la lutte menée par le gouvernement tunisien contre les courants religieux extrémistes.
Le soldat a trouvé la mort le 2 juillet dernier, avec trois de ses camarades, dans l’explosion d’une mine à Jebel Ouergha, dans le gouvernorat du Kef, au nord-ouest du pays.
Dans un communiqué rapporté le 5 juillet par le quotidien tunisien «La Presse», le ministère souligne avoir pris la décision après la confirmation auprès de ses services régionaux des allégations reprochées au religieux.
La mesure s’inscrit en droite ligne de la politique de reprise en main des mosquées entreprise par l’Etat. Cette opération a été réitérée avec force, mi-juin dernier, à Sfax, seconde ville du pays, par le ministre des Affaires religieuses, Mounir Tlili, lors d’une rencontre avec les prédicateurs et imams locaux. «L’action en faveur de la neutralité des mosquées se poursuit sans relâche, afin qu’elles puissent remplir leur fonction première en tant que lieux de culte», a-t-il déclaré, ajoutant que le gouvernement s’emploie tout aussi activement à reprendre en main toutes les mosquées encore hors de son contrôle.
300 imams licenciés en 2013
Dans le communiqué annonçant la sanction de l’imam, le ministère des Affaires religieuses appelle tous les cadres religieux du pays à tenir «un discours modéré, à faire preuve de responsabilité et de patriotisme, et à respecter les nobles valeurs de l’Islam».
En 2013, près de 300 imams ont été licenciés en Tunisie pour, entre autres, non-respect des horaires des cinq prières de la journée, utilisation des prêches pour défendre des convictions personnelles et partisanes, absences répétées, ou encore violation des règles des mosquées. (apic/ibc/presse/rz)



