Le pouvoir renforce son contrôle sur le fonctionnement des diocèses
Chine: Pékin durcit le processus de sélection des évêques «officiels»
Pékin, 24 mai 2013 (Apic) La Chine a récemment durci le processus de sélection des évêques officiels, rapporte le 23 mai 2013 l’agence d’information des Missions Etrangères de Paris, Eglises d’Asie. Le nouveau règlement centralise de façon accrue la prise de décisions vers Pékin. La conséquence est un renforcement du contrôle sur la vie des diocèses par les organes centraux, notamment la Conférence «officielle» des évêques, entièrement entre les mains du pouvoir chinois.
Le texte circulait dans les milieux ecclésiaux chinois depuis plusieurs mois sous forme de proposition et inquiétait les observateurs de l’Eglise catholique en Chine. Ces inquiétudes se sont confirmées lorsqu’il a été approuvé par Pékin en avril dernier.
Le document vient durcir un précédent règlement de 1993. Avec seize articles, le nouveau texte est plus détaillé que le précédent, qui n’en comptait que six.
Ainsi, le nouveau règlement stipule qu’un diocèse a l’obligation d’obtenir le double accord de la Conférence épiscopale et du Bureau des Affaires religieuses à Pékin pour entamer le processus de sélection d’un nouvel évêque. Il précise aussi la manière dont doit être composé le comité diocésain chargé d’élire le prélat, ainsi que son mode de fonctionnement.
Normalisation de la vie de l’Eglise bloquée
Dans l’ancien règlement, les diocèses avaient déjà l’obligation de référer aux instances de contrôle de l’Eglise. Mais cette obligation ne s’exerçait qu’au niveau provincial. En l’absence de pressions particulières exercées par Pékin, les responsables locaux de ces instances de contrôle pouvaient très bien fermer les yeux sur la manière dont un diocèse s’organisait pour choisir son futur évêque dès lors que l’Eglise locale en question entretenait de bonnes relations avec eux. Désormais, ce genre d’arrangement ne sera plus possible, estiment les observateurs.
Par ailleurs, le nouveau texte réaffirme que les évêques de Chine doivent soutenir le rôle dirigeant du Parti communiste chinois et défendre le système socialiste en place, engagement déjà présent dans le serment exigé du nouvel évêque lors de son ordination.
Pour Anthony Lam Sui-ki, spécialiste de ces questions au Centre d’études du Saint-Esprit à Hongkong, ce règlement constitue «une régression dans la mesure où il bloque toute normalisation de la vie de l’Eglise en Chine».
Pékin, qui manœuvre déjà quasiment à chaque ordination épiscopale pour imposer des candidats illégitimes, chercherait, avec ce nouveau texte, à contrôler entièrement le processus de sélection et d’ordination des évêques. (apic/eda/rz)



