Le pouvoir sunnite a-t-il franchi la «ligne rouge»?

Bahreïn: La maison du plus haut dignitaire chiite attaquée par les autorités

Manama, 18 mai 2013 (Apic) Le puissant mouvement d’opposition chiite bahreïni al-Wefaq a accusé le 17 mai 2013 les forces de sécurité du gouvernement d’avoir attaqué le domicile de l’ayatollah Issa Qassem, le plus haut dignitaire chiite du royaume, rapporte le quotidien libanais «L’Orient-Le Jour». Les Bahreïnis chiites largement majoritaires pourraient considérer cet acte comme un franchissement par le pouvoir sunnite de la «ligne rouge».

«Des dizaines de soldats en armes ont attaqué la maison de l’ayatollah le 17 mai à l’aube à Diraz, à l’ouest de la capitale Manama», affirme un communiqué d’al-Wefaq. «Les soldats accompagnés de membres masqués des forces civiles ont commis un crime odieux en attaquant le domicile de l’ayatollah Qassem, en vandalisant et en terrorisant des femmes et des enfants», affirme le groupe chiite. Le mouvement d’opposition a également déclaré que le régime bahreïni «portait jusqu’au plus haut niveau l’entière responsabilité de cet acte dangereux»

Fortes réactions attendues

«C’est extrêmement choquant pour un grand nombre de chiites de Bahreïn», a déclaré Mohammad al-Maskati, président de la Société de la jeunesse bahreïnie pour les droits de l’homme. «Les gens voient en lui une ligne rouge à ne pas franchir. Je m’attends à de fortes réactions», a-t-il ajouté.

L’ayatollah Qassem, connu pour son soutien à l’opposition, n’était pas présent à son domicile que les soldats ont quitté une fois la fouille terminée, précise le texte d’al-Wefaq.

Bahreïn est un petit royaume du golfe Persique gouverné par la famille Al-Khalifa. La famille royale est de confession sunnite, mais la communauté chiite est majoritaire (environ 70 % de la population). Les chiites se disent victimes de discrimination, notamment dans l’accès au logement, aux soins et aux emplois dans la fonction publique. (apic/lorient/rz)

18 mai 2013 | 10:38
par webmaster@kath.ch
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