Espagne: L’interdiction des corridas en Catalogne mal digéré par la droite espagnole

Le PP attise le conflit identitaire et nationaliste du pays

Barcelone, 29 juillet Les manifestations de mauvaises humeurs sont vives en Espagne, ou plutôt du côté de Madrid, après le vote des parlementaires catalans d’interdire les corridas. La droite espagnole, emmenée par le PP, le Parti populaire, préfère voir dans ce refus une réaction anti-espagnole. Elle voit dans ce vote un prétexte pour effacer en Catalogne une tradition très «espagnole». Relaçant ainsi le débat identitaire et nationaliste en Espagne, pays où les tensions sont particulièrement vives.

L’accusation a été formulée par les milieux conservateurs, cités par l’AFP, qui voient dans ce vote un réflexe revanchard après le rejet fin juin par le Tribunal constitutionnel d’une partie des prérogatives accordées à la Catalogne dans son nouveau statut d’autonomie. C’est «une offensive nationaliste, une provocation et une vengeance», a clamé Jaime Mayor Ortega, eurodéputé du Parti Populaire d’opposition (PP, droite) et ancien ministre de l’Intérieur.

Une fois de plus, la droite espagnole conservatrice, et plus généralement, l’Espagne, géographiquement située depuis la frontière de la Catalogne au sud de l’Andalousie escamote le débat, comme elle escamote le débat sur l’histoire de la dictature de Franco. La prohibition de la ” Fiesta nationale ” espagnole n’a «rien à voir avec la maltraitance animale», mais vise à «rompre les liens» entre la Catalogne et l’Espagne, a renchéri la présidente PP de la région de Madrid, Esperanza Aguirre, qui veut inscrire la corrida à son «patrimoine culturel».

L’interdiction de la tauromachie en Catalogne à partir de 2012 a notamment été votée mercredi par tous les parlementaires du parti indépendantiste catalan ERC et 32 des 48 représentants du parti nationaliste modéré CIU.

De nombreux spécialistes estiment néanmoins, qu’au-delà même de la cruauté infligée à un animal, le vote de mercredi résulte en réalité d’une désaffection persistante du public pour la corrida en Catalogne.

Plusieurs responsables du gouvernement socialiste, ctié par l’AFP, ont pour leur part critiqué toute volonté de l’opposition de «politiser» ce vote et d’attiser ainsi le conflit «identitaire» entre Barcelone et Madrid. (apic/ag/pr)

29 juillet 2010 | 13:46
par webmaster@kath.ch
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