Le prélat appelle à la diplomatie et à la prière

Libye: Le vicaire apostolique de Tripoli parle d’une «révolution générationnelle»

Tripoli, 22 février 2011 (Apic) Le vicaire apostolique de Tripoli, Mgr Giovanni Innocenzo Martinelli, a estimé que les soulèvements qui secouent le régime du colonel Kadhafi sont «une révolte générationnelle». Joint le 22 février 2011, dans la capitale libyenne par l’agence missionnaire Misna, le prélat a déclaré qu’il faut «écouter les revendications des jeunes, qui ne veulent pas perdre espoir en l’avenir, et les aider».

«Ce matin, je suis allé de notre quartier Dahara à celui de Gurgi pour la messe et je n’ai pas constaté de désordres particuliers», a raconté Mgr Martinelli, qui a souligné la difficulté de vérifier la pluie d’informations actuellement rapportées par les médias internationaux. «Beaucoup de choses sont fausses, comme par exemple le fait que la cathédrale et l’aéroport ont été bombardés. Ce n’est pas du tout le cas», a-t-il déclaré.

Mgr Martinelli a malgré tout relevé que les révoltes sont particulièrement agressives et qu’une répression a été mise en œuvre contre les manifestants. Il a aussi souligné que «la violence ne sert jamais à rien et ne mène nulle part». Le prélat, qui a appelé à la diplomatie et à la prière, a confirmé que les diverses communautés religieuses de Tripoli vont bien. «Tout le monde est choqué par le grand nombre de blessés et les scènes horribles auxquelles nous assistons ces jours-ci», a-t-il ajouté.

Malgré le chaos

Contactées par Misna, les sœurs missionnaires de Benghazi, la deuxième ville du pays, ont affirmé qu’elles se portaient bien et qu’elles poursuivaient leurs activités, malgré le chaos. «Personne n’arrive à comprendre qui a véritablement la situation en main à Benghazi. Il n’y a plus de police ni d’armée. Chacun s’occupe de sa propre sécurité, en montant la garde devant les habitations, les magasins ou dans les quartiers», a raconté sœur Elisabetta, missionnaire des Sœurs de Charité de l’Immaculée Conception.

Selon la missionnaire, rien ne laissait envisager le malaise social qui allait donner lieu aux bouleversements et aux violences de ces derniers jours: «Nous n’aurions jamais pu prévoir ce qui s’est produit». Et de préciser: «Pendant la journée, les magasins sont ouverts et il n’y a pas de grande difficulté pour trouver les produits de première nécessité en général. Mais dès que la nuit commence à tomber, les rues se vident littéralement et tout le monde se barricade chez soi». (apic/misna/nd)

22 février 2011 | 17:12
par webmaster@kath.ch
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