Vietnam: Restitution des biens confisqués à l’Eglise par l’Etat

Le Premier ministre résolu à ne pas céder aux demandes du Vatican

Hanoi, 21 septembre 2009 (Apic) Le gouvernement vietnamien a exprimé sa volonté de ne pas céder aux revendications de la communauté catholique et du Vatican, concernant la restitution des biens d’Eglise confisqués par l’Etat au moment de l’établissement du régime socialiste.

Au cours d’un entretien accordé vendredi à Budapest aux journalistes de Voice of America (VOA), à l’issue d’un entretien avec le Premier ministre hongrois, Gordon Bajnai, le Premier ministre vietnamien Nguyên Tân Dung a en effet laissé entendre que le Vatican faisait pression pour la restitution de ces biens. Cet Etat ne peut revendiquer aucune propriété sur le territoire du Vietnam, a-t-il souligné.

Dans son entretien, cité par Eglises d’Asie, le Premier ministre vietnamien a justifié la manière dont son gouvernement s’était opposé aux récentes tentatives de la communauté catholique pour retrouver la propriété des biens confisqués par l’Etat depuis 1954, date de l’instauration du pouvoir communiste à Hanoi. Le gouvernement vietnamien ne cédera pas à ce type de pressions, y compris celles qui viennent du Vatican, a-t-il déclaré.

«Le Vietnam est une nation indépendante, jouissant d’une pleine souveraineté, avec un Etat de droit. Toutes les activités des citoyens vietnamiens et des organisations religieuses doivent être menées conformément à la constitution et à la législation du pays… Il doit en être ainsi des opérations concernant les biens religieux».

«Je tiens à le dire clairement: il n’y a pas de propriétés du Vatican au Vietnam. Sur le territoire du Vietnam, les terres appartiennent uniquement à ce pays, à son peuple, à ses citoyens, à son Etat. Il n’y existe aucune propriété appartenant à une religion d’un pays étranger, le Vatican. Les revendications portant sur ce qu’on appelle «les biens du Vatican» sont des revendications infondées, non conformes à la Constitution et à la législation du Vietnam».

La réaction du chef du gouvernement vietnamien étonne certains observateurs, note Eglises d’Asie. Lors des récentes affaires (Délégation apostolique, Thai Ha, Tam Toa, Loan Ly), aucun des protagonistes n’a attribué les biens revendiqués au Vatican. Au contraire, la restitution de l’ancienne délégation apostolique de Hanoi a été demandée en tant que propriété du diocèse et de l’Eglise catholique, prêtée pendant un temps au représentant de Rome au Vietnam.

L’étonnement est d’autant plus grand que, récemment, des articles de la presse officielle ont voulu faire croire que le pape, ainsi que la hiérarchie vietnamienne, soutenaient sans réserve la politique menée par le gouvernement vietnamien et étaient mécontents de l’attitude des prêtres et des laïcs engagés dans le mouvement de protestation. Certains bruits avaient laissé entendre que, lors de son passage en Italie en novembre ou décembre 2009, le chef de l’Etat Nguyên Minh Triet rencontrerait le pape pour y faire avancer le processus devant aboutir à l’établissement de relations diplomatiques entre le Vietnam et le Vatican. (apic/eda/pr)

21 septembre 2009 | 14:34
par webmaster@kath.ch
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