Valais: Ouverture du cycle de conférences de Carême à Saint-Maurice
››Le prêtre est un baptisé’’
Saint-Maurice, 26 février 2010 (Apic) Une centaine de personnes – religieux et laïcs – ont participé, jeudi soir 25 février, en la Basilique de Saint-Maurice en Valais, à une conférence sur le thème ››Le prêtre est un baptisé’’, donnée par le Père Benoît-Dominique de la Soujeole, Professeur de dogmatique à l’Université de Fribourg et auteur du récent livre ››Prêtre du Seigneur dans son Eglise’’.
Il s’agit de la première conférence du cycle de Carême qu’organise chaque année l’Abbaye de Saint-Maurice durant le temps de carême. Le thème choisi cette année est celui du prêtre. Il fait écho à l’appel du pape Benoît XVI qui a lancé une « Année sacerdotale » sous le regard du saint curé d’Ars, de juin 2009 à juin 2010.
«Le prêtre est-il un super chrétien ou un chrétien parmi tant d’autres? Que pensez-vous de son ministère par rapport à sa vie baptismale?», a demandé le professeur de dogmatique en provoquant son auditoire en début de conférence. Pour expliciter et justifier le choix du thème, le conférencier a d’abord relevé la problématique qui existe entre le sacerdoce baptismal et le sacerdoce ministériel.
›’Au 16ème siècle où la moralité du clergé était tellement médiocre, on disait souvent: si tu veux être dans l’enfer, fais-toi prêtre. Et aujourd’hui c’est l’inverse. On associe souvent le sacerdoce à une extraordinaire sainteté’’, relève le Père de la Soujeole qui, sans rabaisser ni faire du prêtre un ›’super Christus’’, prend la voie médiane.
En citant ›’Pastores Dabo Vobis’’ de Jean Paul II, le professeur de dogmatique explique que cette exhortation apostolique favorise la paternité sacerdotale au détriment de la fraternité baptismale, mise en exergue par Vatican II. ›’Cette option de prioriser la paternité sacerdotale risque de faire du prêtre un super chrétien, alors que sur le plan ecclésiologique et dogmatique celui-ci est toujours lui aussi à la recherche de la perfection et de la sainteté comme tant d’autres baptisés’’, relève le conférencier.
Le cœur du débat est donc le mystère du sacerdoce ministériel et son exercice, a-t-il fait remarquer en précisant bien que c’est le don du baptême – qui n’est pas un don parmi tant d’autres mais plutôt un don spécifique – qui nous fait passer du non-être à un être (chrétien), d’une nouvelle naissance qui confère au baptisé une identité chrétienne.
Le sacrement de l’ordre est greffé sur la vie baptismale.
›’Le sacerdoce ministériel est souvent présenté par les actes qui lui sont spécifiques, en particulier la présidence liturgique. Cela n’est pas faux, mais doit être bien approfondi et précisé: c’est au plan de l’être que le sacerdoce ministériel doit remonter. Or l’être sacerdotal est avant tout l’être baptismal. Le baptême est le don radical et fondamental de la grâce. C’est pourquoi le sacerdoce ministériel doit être compris à partir du baptême», relève le religieux.
›’En effet, comme il est logique que pour être chrétien il faut d’abord être baptisé, il en est de même pour être prêtre. Car il est logique et évident que pour être prêtre il faut être préalablement baptisé’’, précise-t-il. Le sacrement de l’ordre a donc pour objet d’orienter la vie baptismale vers la charité et la pastorale. Il se greffe sur la vie baptismale pour nourrir voire enrichir les six autres sacrements. Et ceux-ci prolongent et développent ce premier’’, note le Père Benoît-Dominique de la Soujeole.
Cette première conférence de Carême a été enchâssée dans la musique au début et l’office des complies pour terminer la soirée, tout comme pour celles qui vont suivre tous les jeudi, en la Basilique des Martyrs de Saint-Maurice. Le dernier rendez-vous, plus liturgique, fixé au 25 mars, sera une célébration pénitentielle avec possibilité de recevoir individuellement le sacrement de la réconciliation. (apic/ts/bb)



