«Le problème de la Syrie est un problème confessionnel»

Rome: L’archevêque d’Alep expose la situation d’urgence de la population syrienne

Rome, 21 juin 2012 (Apic) La 85e assemblée de la Réunion des œuvres d’assistance aux Eglises orientales (Roaco) vient de s’achever au Vatican. Elle a permis à l’archevêque chaldéen d’Alep, Mgr Antoine Audo, de lancer un appel en faveur des populations syriennes, en particulier à Homs. Elles se trouvent «dans une situation d’urgence».

En marge de cette rencontre, le nouveau président de la ’Caritas’ en Syrie depuis peu, a confié à I.MEDIA que le Vatican se tenait très bien informé de la situation dans son pays. Il a appelé les médias occidentaux à faire preuve de davantage de prudence et de nuance dans leur analyse.

La Syrie a été l’un des thèmes majeurs de cette 85e Assemblée plénière de la Rocao…

Mgr Antoine Audo: J’ai lancé un appel, car nous sommes dans une situation d’urgence. Elle concerne surtout toutes ces familles de Homs qui ont été obligées de quitter leur maison et doivent payer le loyer d’un appartement. Il faut soutenir les familles en général, et les chrétiens en particulier, pour tout ce qui concerne les questions de santé.

Le 2e point est la question de l’éducation, de la scolarité, dont le coût devient très élevé, même pour des familles moyennes. J’ai plaidé la cause des enfants et j’ai demandé à la Roaco d’être généreuse, car un seul organisme caritatif ne suffit pas. Je pense avoir été bien écouté. Je n’ai pas peur et je suis sûr qu’il y aura des aides et que nous pourrons accomplir notre travail à la ’Caritas’. Nous devons être présents et attentifs envers ces familles fragilisées et ne pas dire «que chacun se débrouille», au risque de tomber dans l’anarchie, dans l’immoralité et d’avoir des manifestations de dégradation morale dans la société.

Le Vatican a-t-il une bonne lecture de la situation en Syrie ?

AA: Le Vatican est très bien informé. Le pape, dans ses déclarations, a fait appel au dialogue et à la fin de toute violence. Jamais le Vatican ne s’est comporté d’une façon comparable à celle des médias de l’Occident. Au niveau de l’Occident, ils marchent dans une direction – le Printemps arabe -, alors que la situation est complexe. Il faut être plus nuancé, plus prudent, plus juste. Nous, qui sommes en plein dans la crise, avons un jugement plus nuancé.

Les chrétiens sont-ils encore en sécurité ?

AA: De l’extérieur, l’Occident a toujours le souci des guerres de religion. Il n’y a rien contre les chrétiens en tant que tels, comme on voudrait nous le faire croire. Non, il peut y avoir des éléments extrémistes, mais le problème de la Syrie est un problème confessionnel, entre la majorité et la minorité musulmane. Néanmoins, quand il y a des situations de violence, d’anarchie, ce sont toujours les minorités chrétiennes qui en paient le prix. Car elles n’ont pas de milices et ne veulent pas être armées. Selon elles, en effet, c’est l’Etat qui doit assurer l’ordre et la sécurité. Evidemment, il y a des gens qui en profitent pour faire du mal aux plus faibles, comme des extrémistes religieux dont les haines se déchaînent.

Qu’attendez-vous de la visite de Benoît XVI au Liban ?

AA: La visite du pape est un grand honneur pour nous. Tout le monde l’attend avec joie et enthousiasme. Cette visite se situe dans le prolongement du Synode pour le Moyen-Orient (d’octobre 2010, ndlr), dont le but est de favoriser la communion entre les églises catholiques, la communion avec les orthodoxes, ainsi qu’un dialogue sincère avec l’islam. Le pape va nous appeler à l’espérance malgré toutes les difficultés par lesquelles passe aujourd’hui la Syrie. (apic/imedia/cp/ggc)

21 juin 2012 | 18:07
par webmaster@kath.ch
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