«Le processus de paix est aussi important que la paix elle-même»
Israël/Palestine: Des politiciens se rassemblent pour renouer le dialogue
Jérusalem, 24 juillet 2014 (Apic) Alors que la paix entre Israël et la Palestine semble plus hypothétique que jamais, Caritas Suisse fait part d’un projet de dialogue qu’elle promeut activement. Initié par un Israélien, Jonatan Peled, et soutenu par deux organisations, l’une juive et l’autre palestinienne, il rassemble des politiciens des deux bords afin d’»apprendre à mener un dialogue de paix».
«Le processus de paix est au moins aussi important que la paix elle-même», estime Jonatan Peled. Après 30 ans de médiations entre les protagonistes, l’homme de 77 ans n’est pas prêt à baisser les bras. ” Je ne peux pas me permettre d’être fatigué ou pessimiste. Plus cette situation dure en Israël, plus on s›éloigne du processus de paix. Il faut faire quelque chose, agir», confie-t-il à Caritas Suisse.
Des rencontres inédites
Le projet qu’il coordonne vise à réunir, souvent pour la première fois, politiciens juifs et palestiniens à travers différents ateliers. S’il n’est pas rare que les participants soient motivés par une certaine curiosité – certains n’ont jusque là jamais côtoyé une personne venant réciproquement de Palestine ou d’Israël –, au fil des rencontre un dialogue s’instaure où chacun peut parler de ses expériences, dans un climat d’écoute attentive.
Selon Jonatan Peled, l’évolution tragique qu’a pris le conflit depuis la deuxième intifada est directement liée à une sorte de peur génétique. «Nous autres Juifs, avons développé au cours de ces deux millénaires une folie de la persécution et de la discrimination: nous avons peur. Peur de nouvelles discriminations et persécutions. Notre gouvernement réagit à cette peur par la dureté et la force. Nous croyons qu’il suffit d’être suffisamment fort pour conjurer le malheur et les catastrophes».
Conscientiser les préjugés
Pour sa part, l’initiateur du dialogue estime que ” la force et la puissance ne suffisent pas à elles seules». «Nous devons trouver un moyen pour utiliser cette puissance et cette force à des fins positives et constructives. Moi aussi, j’ai peur, mais je crois qu’on peut transformer la peur en une force motrice positive». En ce sens, il insiste sur la prise de conscience des sentiments comme la haine, la peur, l’hostilité ou la méfiance qui nourrissent des préjugés négatifs sur un «prétendu» adversaire.
Les choses bougent
Le simple fait de reconnaître le point de vue de l’autre est, selon Jonatan Peled, un élément indispensable dans l’engagement politique de chacun. Mais il y a plus: «Un dirigeant actuel de parti, s’est désormais fixé comme but politique de poursuivre le dialogue et le processus de paix. Un autre s’engage en faveur d’organisations israélo-palestiniennes. Un troisième, directeur d’école, a organisé des rencontres entre familles israéliennes et palestiniennes. Ils rapprochent les deux communautés et luttent contre le durcissement des fronts, la politique de la peur. Ce cheminement est tout aussi important que le but, à savoir la paix. Une option durable et la seule à permettre des solutions stables», conclut Jonatan Peled. (apic/com/pp)



