Inde: Des aborigènes de l'Orissa gagnent une bataille juridique contre le géant minier Vedanta
Le projet d’exploitation de bauxite sur une montagne sacrée est menacé
New Delhi, 26 août 2013 (Apic) Les Dongria, peuple aborigène de l’Etat de l’Orissa, à l’est de l’Inde, ont récemment rejeté à l’unanimité le projet d’exploitation de bauxite du géant minier Vedanta, prévu sur leur montagne sacrée. La consultation avait été ordonnée par la Cour suprême indienne en avril dernier. Il s’agit d’une importante bataille gagnée dans le bras de fer juridique qui oppose la peuplade à la puissante compagnie.
Dans son communiqué du 20 août dernier, l’ONG Survival International a annoncé que les Dongria ont porté un coup peut-être fatal au projet de la firme visant à ouvrir une mine de bauxite à Niyamgiri, leur montagne sacrée, rapporte le 26 août Eglises d’Asie (EDA), l’agence d’information des Missions Etrangères de Paris. Ce peuple vit depuis des millénaires dans ces montagnes de l’Orissa recouvertes par la jungle, où ils pratiquent la chasse, la cueillette et une agriculture de subsistance. Animistes, ils vénèrent comme une divinité la montagne Niyamgiri d’où ils disent «tirer toute vie», et y célèbrent de nombreux rituels. Mais leur territoire, qui regorge de bauxite- l’Orissa détiendrait 50 % des réserves indiennes-, attire de longue date différentes entreprises auxquelles le gouvernement local a été prompt à accorder, sans l’accord des habitants, l’autorisation d’exploiter des gisements.
Vedanta affirmait avoir l’accord des populations locales
A l’issue d’une consultation générale au sein de leur communauté, qui vient tout juste de s’achever, les Dongria ont rejeté à l’unanimité le projet d’exploitation à Niyamgiri. En avril dernier, la Cour suprême indienne avait suspendu le projet déjà en cours de la firme pour ordonner une consultation des conseils traditionnels des villages dongria, afin de requérir leur avis. Malgré les intimidations du gouvernement et de la firme, les quelque douze villages concernés ont fait clairement connaître leur complète opposition au projet, détruisant par la même occasion le principal argument de Vedanta. La compagnie assurait en effet depuis des années avoir l’accord de la grande majorité de la population locale, y compris des tribus aborigènes.
Une jurisprudence qui donne de l’espoir
Cette victoire sans précédent pourrait faire jurisprudence dans un contexte particulièrement sombre pour la défense des droits des «adivasi», les aborigènes de l’Inde. En effet, les cas d’expropriations massives se multiplient sous la pression de grands groupes industriels. Or, le jugement d’avril 2013 a clairement spécifié que les Dongrias avaient le droit de décider de leur avenir et de l’utilisation de leurs terres ancestrales.
Le résultat de cette consultation des Dongria devra cependant être entériné par le ministère indien de l’Environnement et des Forêts, lequel signifiera sa décision d’ici deux mois. (apic/eda/rz)



