Réforme approuvée par le Comité central du COE

Le projet de réforme de structures du Conseil œcuméniqu des Eglises prend forme

Genève, 19 septembre 1997 (APIC) Le projet de réforme de structures du Conseil oecuménique des Eglises (COE) commence à prendre forme. Consigné dans trois documents distincts du projet de déclaration d’orientation générale, ce projet de réforme laisse entrevoir les grandes lignes de l’architecture du futur COE. Cette réforme a été approuvée par le Comité central du COE, réuni ä Genève du 11 au 19 septembre.

Des modifications de structures sont inévitables et entraîneront un certain nombre de changements, tant sur le plan administratif et institutionnel que sur le plan des méthodes de travail. Le but du COE, tel qu’il est énoncé dans la base, reste inchangé. Résumé en quelques mots le projet de réforme prévoit qu’à un système fonctionnant en unités et en commissions réparties en plusieurs entités administratives, se substitue un modèle reposant sur des équipes associées au sein de différents groupes et intégrées dans un seul ensemble administratif.

Les quatre unités (en fait cinq avec le secrétariat général) laisseraient donc la place à quatre groupes dotés de champs d’actions particulier, légèrement différents de ceux des anciennes unités. Un premier groupe réunira les équipes travaillant sur des questions spécifiques: réflexion théologique et doctrinale, culte et spiritualité, mission et évangélisation, justice et paix, éducation, etc.

Un deuxième groupe sera constitué d’équipes chargées des relations oecuméniques, régionales, internationales et interreligieuses. Un troisième regroupera les équipes en charge de l’information et de la communication. Le quatrième groupe aura à coordonner les équipes chargées des finances et de l’administration.

Continuité dans le changement

Sur le plan institutionnel, la continuité côtoie, là-aussi, le changement. Le rôle des présidents, qui devraient être au nombre de huit, est légèrement revu à la baisse dans la mesure où il est bien précisé qu’ils «ne devraient pas participer aux processus normaux de prise de décisions». Ils ne seront plus élus par l’Assemblée et se verront confier des tâches de représentation dans leurs régions d’origine.

Le Comité central ne devrait pas subir de changement important et conservera ses fonctions délibérantes, en tant qu’habilité à décider des principales orientations du COE. Simplement, il sera demandé aux Eglises de participer plus directement à l’élaboration de son ordre du jour.

Le Comité exécutif demeurerait dans le futur organigramme du Conseil: sous-comité du Comité central, il est actuellement chargé de traiter les affaires courantes entre les sessions de celui-ci. Son rôle pourrait être renforcé: «Il devrait être considéré comme l’organe chargé de surveiller et de suivre les programmes et les activités en cours du COE, notamment en déterminant les priorités concernant l’attribution des ressources.»

Parallèlement, un «Comité du programme» serait institué et remplacerait les actuels Comités d’unité. Composé essentiellement de membres du Comité central, il se réunirait lors de ses sessions. Son rôle serait de conseiller le Comité central et consisterait à préparer les décisions d’orientation générale. Quant aux commissions, chargées d’approfondir certaines questions plus particulièrement importantes qui se posent au COE, leur fonction ne serait pas remise en cause. Leur nombre pourrait cependant être réduit et limité à dix.

Congo: Le Kasaï vit dans la terreur, dénonce «Justice et Paix»

Militaire rime avec vol, viol et mort

Kananga, 19 septembre 1997 (APIC) «La sécurité nationale ou provinciale est devenue ici synonyme d’insécurité sociale… Rencontrer un militaire n’inspire pas la sécurité, mais la menace de vol, de viol ou de mort». L’accusation est de taille et émane du bureau provincial «Justice et Paix» des Missionnaires de Scheut du Kasaï. Elle est formulée dans une lettre adressée au gouverneur du Kasaï occidental.

La Commission «Justice et Paix» des Scheutistes, qui n’en est pas à sa première démarche auprès du gouverneur, fait état de faits alarmants. Le 4 août dernier, des militaires et des bandits ont une fois encore attaqué et saccagé un couvent. Cette fois celui des Soeurs du Coeur Immaculé de Marie de Kananga (CIMKA) à Kamilabi. Leurs consoeurs de Malole, où se trouve la maison générale de cette Congrégation fondée par Mgr Bakole, ont vécu le même cauchemar le 31 août, les militaires étant comme toujours à la recherche d’argent et de véhicules…

Le 16 août, un enfant de quatre ans a été tué d’une balle dans la bouche par un militaire de l’AFDL près du lycée Bwena Muntu à Luluabourg. Quatre jours plus tard, à Nkashama, un autre enfant de quatre ans a été tué dans la rue par une balle perdue – un nouveau champ de tire des AFDL est installé non loin de là.

Le 24 août, un groupe de trois militaires et deux civils venus voler au quartier Tshiatshiatshia à Kapanda ont violé à tour de rôle une jeune mère dont le bébé n’a que 7 mois.

Plus récemment, le 4 septembre, une bande de militaires, tous armés, ont fait usage de leurs armes de guerre à Lubunga, dans la zone de Dimbelenge. Des coups de feu ont éclaté la nuit autour de la mission catholique pour intimider les religieux et la population, les soldats exigeant du carburant pour leur tournée à Lusambo. Le 7 septembre, c’était au tour des Servantes de l’Eglise du Christ du couvent de Kole de recevoir la visite de pillards, sous l’oeil impassible des militaires de garde à l’usine d’eau voisine.

«Ceux qui peuvent encore élever la voix»

Aujourd’hui, posséder un véhicule, proteste la lettre, c’est exciter la convoitise des militaires de l’AFDL. Violer les femmes est «une arme moderne de ces dernières années, éprouvée pour anéantir et dominer un peuple». Et «forcer les maisons religieuses, menacer de violer les soeurs, demander des explications aux prêtres et aux religieux, sont autant de méthodes d’intimidation et de domination de ceux et celles qui, par leur vocation, peuvent encore élever la voix pour construire une vie juste et digne». (apic/cip/pr)

10 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Partagez!