Le projet est entré dans une nouvelle «phase opérationnelle»

Fribourg: Le Centre suisse pour l’islam et la société pourrait débuter en automne 2014

Fribourg, 14 mars 2014 (Apic) L’intérêt pour le «Centre suisse pour l’islam et la société» est manifeste du côté musulman et le public cible demeure très large. Mais l’offre va-t-il vraiment répondre à des besoins concrets? La masse critique sera-t-elle suffisante pour débuter des formations en automne 2014, comme annoncé?

Une conférence nationale, jeudi 13 mars, a rassemblée tous les acteurs de ce projet à l’Université de Fribourg, en Suisse. Devant quelque 120 participants, les initiateurs en ont présenté les grandes lignes et les idées forces.

Par cette conférence, le projet est entré dans une nouvelle «phase opérationnelle», a indiqué le recteur de l’Université de Bâle, Antonio Loprieno, dans le quotidien fribourgeois «La Liberté». Le groupe de travail «Programmes de formation pour imams et enseignants en religion islamique» qu’il a présidé durant deux ans, a développé un «projet idéal» qu’il faut maintenant confronter à la réalité. A qui s’adresse ce centre? Sous quelle forme? Avec quel contenu? C’est ce à quoi ont réfléchi les membres de ce groupe de travail, composé de représentants du monde académique, des communautés musulmanes et d’institutions civiles actives dans le domaine de l’intégration, relève La Liberté.

Le futur centre s’articule sur quatre lignes directrices: le dialogue, l’interdisciplinarité, l’éthique sociale et la recherche. Il sera rattaché à la Faculté de théologie, avec des collaborations dans les domaines du droit et de la pédagogie.

Un public cible très large

Le public cible est très large, il comprend d’abord, côté islam, les imams, enseignants religieux, assistants spirituels, bénévoles issus des communautés, voire de simples croyants. Mais les non musulmans concernés par les communautés islamiques seront également les bienvenus, en particulier les aumôniers engagés dans des milieux hétéroclites (armée, prison, hôpitaux, écoles, …)

Au niveau calendrier, les premiers modules devraient être lancés en automne 2014, puis le programme académique démarrerait l’automne suivant.

Encadré:

Craintes de certains politiciens fribourgeois

Quelques députés fribourgeois de plusieurs bords, qui n’ont pas participé à la conférence nationale, ont récemment exprimé leurs craintes en déposant un mandat au Grand Conseil. Ils ont notamment souligné leur étonnement de voir le canton participer au financement de ce projet alors que des coupes budgétaires sont prévues dans le domaine de la formation. Ils ont également exprimé leur crainte de voir cette offre évoluer vers une «faculté coranique à Fribourg». Ils ont affirmé que «la Faculté de théologie doit conserver son caractère chrétien comme le précise ses statuts».

La directrice du Service de lutte conte le racisme au Département fédéral de l’intérieur, Michele Galizia, a commenté ces critiques en soulignant que le Centre rejoignait une «réalité». Les musulmans constituent effectivement une «réalité de l’identité nationale». L’Etat fédéral doit se préoccuper de l’intégration de l’islam dans la société. C’est seulement ainsi que la paix religieuse peut être préservée, estime-t-elle.

(apic/lib/gs/bb)

14 mars 2014 | 15:29
par webmaster@kath.ch
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