«Le renouveau du peuple de Dieu – Vatican II et l’Eglise catholique en Suisse»

Delémont: La Coordination interdiocésaine a tenu sa 25ème assemblée

Delémont, 9 novembre 2009 (Apic) La Coordination interdiocésaine a tenu sa 25ème assemblée les 6 et 7 novembre à Delémont.
Mgr Markus Büchel, évêque de St-Gall et responsable du dicastère de la pastorale au sein de la Conférence des évêques suisses, a accueilli les représentants des Conseils pastoraux régionaux à l’occasion de ce 25ème anniversaire. Mgr Büchel changera de département le 1er janvier, à la suite de sa nomination à la vice-présidence de la CES, cela après quinze ans de travail dans la planification pastorale, dans son canton puis à la CES.

Ce qui préoccupe l’évêque de St-Gall, il l’a confié devant les délégués: l’Eglise devrait avoir une image d’accueil, d’ouverture, «Nous tournons trop autour de nous-mêmes, de nos structures et ne nous tournons pas assez vers la société». L’Eglise a perdu sa crédibilité : la société cherche des valeurs, mais l’Eglise est mal représentée dans les discussions autour des questions éthiques et économiques. Ses compétences font défaut dans ces instances comme dans les domaines de l’art et de la culture. Est-ce qu’on veut entendre la voix de l’Eglise dans ces mondes ?»

La présentation des rapports d’activité a été brève. Absolution collective et sacrement du pardon ont été des questions prioritaires au même titre que la diaconie. L’Eglise doit être proche des êtres humains et retrouver sa crédibilité : c’est donc le thème de la diaconie qui a été retenu pour l’assemblée 2010. Elle se tiendra comme de coutume au début du mois de novembre.

Le 25ème anniversaire

La Commission de planification pastorale de la Conférence des évêques suisses (CPP), présidée par Odo Camponovo, responsable de la pastorale dans le diocèse de Bâle, siégeait dans le même temps et dans le même lieu vendredi après-midi. Elle s’est jointe aux membres de la Coordination interdiocésaine pour fêter l’anniversaire de la Coordination interdiocésaine en soirée. Sa première assemblée avait eu lieu le 25 octobre 1985 à Zürich. La messe festive présidée par Mgr Büchel fut suivie d’un concert de chant, luth et guitare romantique, par Christine Gabrielle.

Les membres de la Coordination et de la Commission ont travaillé en ateliers samedi matin sur le thème de la rencontre «Le renouveau du peuple de Dieu – Vatican II et l’Eglise catholique en Suisse». La réflexion a été introduite dans chacun des quatre ateliers par un témoignage sur la signification du concile dans sa vie personnelle et professionnelle. Deux francophones ont été ces témoins : Raphaël Pasquier, théologien et journaliste, et l’abbé Marc Donzé, vicaire épiscopal à Fribourg. En conclusion : souhait et confiance en une Eglise qui s’ouvre aux besoins des hommes de ce temps, qui sache être proche des jeunes. Qu’elle relativise ses blocages internes, et poursuive la réflexion sur la collégialité et la diversité des ministères, car Vatican II n’est pas accompli.

Le concile Vatican II et la découverte du peuple de Dieu

L’exposé de Eva-Maria Faber, professeur à la Haute Ecole de théologie de Coire, a été le dernier acte de cette 25ème assemblée. Avant le concile, il y avait opposition entre clergé et laïcs, opposition entre l’Eglise et le monde. Le baptême devait être «complété» : les laïcs pouvaient être sauvés du péché par leurs bienfaits. La dignité et la responsabilité de tous les baptisés est reconnue par Vatican II, tous sont appelés à la sainteté. Leur mission est de rendre l’Eglise agissante partout dans le monde. Ils ont acquis une véritable égalité dans la construction du Royaume et la vie chrétienne n’est plus limitée à des lieux.

L’ouverture des commissions du concile aux laïcs a été l’évènement important : Jean Guitton fut le premier observateur non catholique, il fut sui par treize laïcs auditeurs. La voix consultative des laïcs n’est pas suffisante, estime la professeure, ils devraient avoir le droit de participer aux décisions. La coresponsabilité n’est pas encore assez vécue dans les structures. Si ces structures sont une richesse, elles souffrent de cloisonnement et elles ne suffisent pas, car ne sont pas une motivation, surtout pour les jeunes qui sont plus intéressés par la spiritualité. Mme Faber avance aussi la nécessité de compétence des laïcs, par la formation sur les questions de foi, pour que «la participation des laïcs soit affective et effective». (apic/sic/pr)

9 novembre 2009 | 13:33
par webmaster@kath.ch
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