Le film "Grâce à Dieu" de François Ozon raconte l'histoire des victimes d'abus sexuels | capture d'écran Youtube
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Le film "Grâce à Dieu" de François Ozon raconte l'histoire des victimes d'abus sexuels | capture d'écran Youtube

Le report de la sortie du film 'Grâce à Dieu' demandé à la justice

06.02.2019 par Maurice Page

L’avocat du Père Bernard Preynat a saisi la justice pour obtenir le report de la sortie du film “Grâce à Dieu” prévue le 20 février 2019 en France. L’avocat invoque “la présomption d’innocence de personnes qui ne sont pas encore jugées”.

L’avocat du prêtre lyonnais mis en examen depuis janvier 2016 pour agressions sexuelles sur mineurs mais dont le procès n’a toujours pas eu lieu, a saisi la justice le 1er février pour obtenir le renvoi de la sortie du film de François Ozon, rapporte le journal La Croix.

Régine Maire, ancienne responsable pour le diocèse de Lyon de l’accueil des victimes d’abus, a également demandé que son nom soit retiré du film. “Il n’est pas normal que son nom apparaisse dans un film grand public alors qu’elle n’a pas donné son accord ni même jamais été contactée”, a expliqué son avocat.

L’avocat du Père Preynat dénonce le non-respect de la présomption d’innocence

Le film de François Ozon Grâce à Dieu raconte la naissance de l’association “La Parole libérée”, par d’anciens scouts lyonnais qui ont dénoncé les agissements du Père Preynat. Centré sur les victimes, le film retrace leurs parcours pour faire reconnaître les faits, d’abord au sein de l’Église puis devant la justice. Il traite des effets de la libération de la parole sur leur vie et leur entourage proche.

Mais alors que leurs noms (mais pas tous les prénoms) ont été changés, les protagonistes de l’affaire qu’il s’agisse du Père Preynat, du cardinal Barbarin ou de Régine Maire, apparaissent sous leur véritable identité.

L’un des avocats du prêtre reproche au film de ne pas respecter ainsi la présomption d’innocence de son client dont le procès n’est prévu qu’à la fin de 2019. Il estime que la loi interdit de présenter comme établie la culpabilité d’une personne avant qu’elle ne soit jugée. Même si en l’occurrence le prêtre a reconnu les faits.

Selon François Ozon, tout a déjà été écrit dans la presse

Pour le cinéaste, il ne s’agit que d’un “concours de circonstances”. Il estime en outre que tout de qui est dit dans son film a déjà été écrit très précisément dans la presse et repose sur une enquête circonstanciée.

“La jurisprudence dans ce domaine est plus libérale que précédemment”, a expliqué à La Croix  Benjamin Montels, avocat spécialiste du droit des médias. Pour lui l’interdiction d’un film au motif qu’une procédure est toujours en cours, n’est quasiment plus possible. “Les juges, amenés à faire la balance entre les intérêts de la personne et les principes constitutionnels de liberté d’expression et d’information, préfèrent en général l’insertion d’un avertissement au début du film.” (cath.ch/cx/mp)


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