Le résultat d’une «expression récente» de recrudescence de la haine envers l’Islam
Suisse: Initiative anti-minarets: Le Secrétaire général de l’OCI se dit «déçu et préoccupé»
Djedda, 30 novembre 2009 (Apic) Le Secrétaire Général de l’Organisation de la Conférence Islamique, le turk Ekmeleddin Ihsanoglu, a exprimé lundi 30 novembre sa «déception et sa préoccupation» après les résultats du référendum sur la construction des minarets en Suisse. Cette initiative de l’extrême-droite a abouti avec 57,3% de Oui.
Dans une déclaration publiée sur le site internet de l’organisation, qui compte 53 Etats membres à travers le monde, le Secrétaire général a qualifié cette interdiction d’»évolution malencontreuse» qui ternit l’image de la Suisse en tant que pays «respectant» la diversité, la liberté de culte et les droits de l’homme. Ce vote, a-t-il ajouté, est une «expression récente» de la recrudescence des incitations anti-islamiques en Europe par les politiciens «xénophobes, racistes de l’extrême droite, qui va à l’encontre du bon sens, de la sagesse et des valeurs universelles», a-t-il ajouté.
Ihsanoglu a rappelé que la Commission des droits de l’homme de l’ONU a clairement exprimé sa préoccupation au sujet de l’interdiction des minarets, tout en la qualifiant de «mesure discriminatoire» le vote, qui «viole» les droits fondamentaux de l’homme, y compris la liberté de culte.
Le Secrétaire général de l’OCI a également exprimé son «profond regret» qu’au moment où le monde islamique et les sociétés musulmanes de par le monde s’engagent dans une lutte contre l’extrémisme, les sociétés occidentales se trouvent «otage des extrémistes qui exploitent l’islam et l’utilisent comme bouc émissaire et tremplin en vue de promouvoir leur propre agenda politique qui, à son tour, contribue à plus de polarisation et de fragmentation dans les sociétés».
Le Secrétaire général s’est en revanche «félicité» de la position prise par de nombreux politiciens et responsables religieux suisses de tous bords, en exprimant «sans équivoque», leur rejet de toute tentative visant à «saper les droits des musulmans en Suisse».
Entretien téléphonique
Selon le texte de l’OCI, la question de l’interdiction des minarets a été au cœur d’un entretien téléphonique dimanche 29 novembre entre le Secrétaire général de l’OCI et la Cheffe du Département fédéral des Affaires étrangères, Micheline Calmy-Rey. L’entretien téléphonique a eu lieu à initiative de la Cheffe du DFAE, après l’annonce officielle des résultats du vote.
Lors de la conversation téléphonique, le Secrétaire général a fait savoir au ministre suisse que tout en respectant les principes démocratiques qui régissent la Confédération suisse et le droit souverain et légitime du peuple suisse d’adopter n’importe quelle mesure législative, la décision du peuple suisse risque d’être interprétée comme «xénophobe, discriminatoire et contre les valeurs universelles des droits de l’homme». «Ce vote, a-t-il indiqué, risque d’entacher la réputation du peuple suisse comme étant un peuple tolérant et progressiste».
Le Secrétaire général a exhorté les autorités suisses à rester «vigilants pour contrecarrer» toute action qui viserait à aviver l’extrémisme, l’incompréhension, les malentendus et l’intolérance entre les communautés, tout en affirmant sa confiance que les dirigeants politiques suisses ne ménageraient aucun effort pour préserver l’image de leur pays en tant que forteresse des droits de l’homme.
Etant donné que l’opinion publique dans le monde islamique suit avec préoccupation ce dossier, le Secrétaire général a appelé les sociétés musulmanes à exprimer leur position sur la question par des moyens pacifiques et démocratiques. Il a déclaré que le Secrétariat général de l’OCI continuera de suivre l’évolution de ce dossier «de très près». (apic/ibc/pr)



