Canada: Pour la première fois, un pasteur ouvre le défilé gay de Toronto ce dimanche
Le révérend Brent Hawkes ›Great Marshall’ de la parade de la fierté gay
Toronto, 28 juin 2014 (Apic) Le pasteur canadien Brent Hawkes, un activiste de longue date de la cause homosexuelle, deviendra le premier pasteur à ouvrir le défilé gay de Toronto qui se déroule dimanche 29 juin dans la capitale de la province de l’Ontario.
Pasteur de la Metropolitan Community Church (MCC) de Toronto, le révérend Brent Hawkes fut le premier à célébrer légalement un mariage homosexuel chrétien. Menacé de mort, il avait dû porter un gilet pare-balle. Depuis plus de trente ans, au sein de la MCC, le pasteur homosexuel milite en faveur des droits des gays et des lesbiennes au Canada. Lors de la «parade de la fierté gaie» (gay pride) ce dimanche à Toronto, il ouvrira la marche en portant le drapeau arc-en-ciel. «On revient de loin», dit-il.
Au début, des activistes gays lui crachaient au visage parce qu’il était chrétien. «Vous n’étiez pas bienvenu dans la communauté chrétienne si vous étiez gay. Mais, vous n’étiez pas bienvenu non plus dans la communauté gay si vous étiez chrétien ! Parce que la communauté gay était vraiment anti-chrétienne. Lors du premier événement politique auquel j’ai assisté, un activiste m’a craché au visage parce qu’il disait que j’étais un signe de l’ennemi: la religion», rapporte la radio chrétienne québécoise Radio Ville-Marie.
«Constatez où nous en sommes aujourd’hui, que je sois le ›Great Marshall’ de la parade, choisi pour ouvrir et guider la parade, c’est un signe merveilleux que la spiritualité a une place d’honneur dans la communauté gaie», estime le pasteur originaire de Bath, au Nouveau Brunswick. De mère catholique et de père pentecôtiste, ils deviennent tous baptistes. «J’ai été élevé dans une Eglise baptiste stricte des Maritimes. D’aussi loin que je me souvienne, j’ai su que j’étais gay».
Paradoxalement, c’est grâce au discours sur l’amitié avec Dieu développé par son Eglise qu’il a pu développer une base spirituelle qui l’inspire encore aujourd’hui. «Dieu n’était pas le problème avec ma sexualité, c’était plutôt mon Eglise…»
Eglise «VIP»
La Metropolitan Community Church a été fondée à Los Angeles en 1968 par un ancien pasteur pentecôtiste, rejeté par son Eglise en raison de son orientation sexuelle. Depuis 1977, Brent Hawkes y est pasteur. Il est le premier pasteur à avoir présidé, en 2001, un mariage légal entre conjoints de même sexe. Une «expérience excitante et terrifiante à la fois», raconte-t-il. Menacé de mort par des groupes «suprémacistes» qui prônent la supériorité de la race blanche, il doit porter un gilet pare-balle, en plus d’être escorté par une douzaine de gardes du corps, appuyés par une cinquantaine de policier.
Il est aussi présent avec la MCC lorsque la pandémie du sida éclate au début des années 80. Les personnes infectées et mourantes de toutes traditions – chrétiennes ou non – y trouvent alors un «un lieu où elles vont se sentir en sécurité et soutenues». Quand on lui demande s’il est encore utile d’avoir une Eglise comme la MCC, qui accueille ouvertement les gays et lesbiennes, le pasteur Hawkes affirme qu’au-delà de la question de la sexualité, «ce que nous avons à offrir historiquement, c’est ce que j’appelle une Eglise ›VIP’: vibrante, inclusive, progressiste». Il estime que si la chrétienté veut arrêter son déclin – «un déclin plutôt dramatique» – elle doit effectuer un tournant et devenir une «Eglise VIP». (apic/rvm/be)



