Le rôle de Benoît XVI, les «valeurs non négociables» et la pédophilie évoqués
Rome: Je ne suis pas une star ou un ›superman’, assure le pape dans une longue interview
Rome, 5 mars 2014 (Apic) Le pape n’est pas «une espèce de superman», a assuré le pape François dans une longue interview au quotidien italien «Il Corriere della sera» publiée le 5 mars 2014. Dans cet entretien avec Ferruccio de Bortoli, directeur du journal depuis 2008, le pontife revient sur sa première année de pontificat en abordant notamment le rôle de Benoît XVI, les «valeurs non négociables», ou encore le fléau de la pédophilie.
Interrogé sur la ›francescomania’, le pape affirme qu’il n’aime pas les interprétations idéologiques, ni la «mythologie» qui s’est créée autour de lui. Il cite notamment les rumeurs sur ses supposées promenades nocturnes dans Rome pour aller à la rencontre des SDF. Et de citer Freud: «Dans toute idéalisation, il y a une agression».
«Présenter le pape comme une espèce de superman, une sorte de star, me paraît offensant», poursuit-il. Il assure être une personne normale, un homme qui rit, pleure, dort tranquille et a des amis, comme tout le monde.
Il s’agit de la quatrième interview accordée à une publication depuis le début de son pontificat.
Lutte contre la pédophilie
Le pape François évoque le pape émérite, qui «n’est pas une statue de musée» mais bien une «institution». Tout en rappelant que Benoît XVI est le premier pape émérite, il souligne qu’il y en aura peut-être d’autres. «Sa sagesse est un don de Dieu», affirme encore le souverain pontife.
Revenant sur les crimes de pédophilie commis par des membres du clergé, le pape tient à souligner le courage de son prédécesseur qui a ouvert un chemin. «L’Eglise a beaucoup fait sur ce chemin, affirme le pontife, peut-être plus que les autres». Il soutient en outre que l’Eglise est peut-être l’unique institution publique à s’être mise en mouvement avec transparence et responsabilité. Il regrette ainsi que malgré ses efforts, l’Eglise soit la seule à être attaquée.
«Le mariage est entre un homme et une femme»
Le pape salue également dans cette interview «la belle et profonde présentation» du cardinal Walter Kasper en introduction du consistoire extraordinaire sur la famille des 20 et 21 février, indiquant qu’elle sera publiée en allemand. Cette annonce intervient après un vif débat autour du statut de cette intervention, finalement publiée récemment dans la presse italienne.
Aux yeux du pontife, ce consistoire a été un échange de beaucoup de points de vue différents, qui enrichissent. «Les débats fraternels et ouverts font grandir la pensée théologique et pastorale, je n’ai pas peur de cela, au contraire, je le recherche».
Le pontife, interrogé sur les unions civiles, a réaffirmé que le mariage était entre un homme et une femme. «Les Etats laïcs justifient les unions civiles pour régir diverses situations de concubinage». Et le pontife d’affirmer qu’il faut voir les différents cas et les apprécier à leur juste valeur.
Le génie prophétique de Paul VI
En rapport à une question sur l’encyclique ‘Humanae Vitae’, écrite par Paul VI en 1968, concernant la question du contrôle des naissances, le pape François indique que la question sera traitée par la voie du synode. Le pontife décrit à ce propos le génie prophétique de Paul VI qui a eu le courage de se placer contre la majorité et de s’opposer au néo-malthusianisme présent et futur. La question pour le pontife n’est pas de changer la doctrine, mais d’aller en profondeur et de faire en sorte que la pastorale tienne compte de la situation et de ce qu’il est possible de faire pour les personnes.
En ce qui concerne la fin de vie, le pape rappelle que dans sa pastorale, il a toujours conseillé les soins palliatifs. Il admet que, dans des cas plus spécifiques, il est bon de recourir, si nécessaire, au conseil des spécialistes.
Valeurs non négociables?
«Je n’ai jamais compris l’expression ‘valeurs non négociables’», affirme encore le pape, tandis que celle-ci était particulièrement chère à ses deux prédécesseurs. A ses yeux, «les valeurs sont des valeurs et c’est tout». Le pontife rappelle qu’il a dit ce qu’il avait à dire sur le thème de la vie dans son Exhortation apostolique ‘Evangelii gaudium’. Certains lui reprochent en effet de ne pas s’exprimer assez clairement et assez souvent sur ces sujets.
Au cours de cet entretien, le pape François affirme également sa proximité avec le peuple Chinois qui «est un grand peuple, que j’aime». Il revient enfin sur son élection, voilà presque un an: «Je ne m’attendais pas à ce transfert de diocèse, disons-le ainsi». (apic/imedia/mm/mb)




